Algérie : l’Etat incapable de contrôler la hausse des prix

Comme dans tout le monde arabe, le mois sacré de Ramadan débutera cette année en Algérie aux alentours du 10 juillet. La flambée des prix des fruits et légumes hante d’ores et déjà les esprits des foyers modestes algériens. Mais, l’Etat semble impuissant face à ce contexte économique.

(De notre correspondant)

Le comble c’est que les pouvoirs publics avouent leur impuissance à maitriser la situation afin de protéger les consommateurs face à cette flambée des prix récurrents. Même la tutelle en charge de la régulation et de l’organisation des activités commerciales au ministère du Commerce le confirme. Le mois de Ramadan de l’année en cours ne dérogera donc pas à la règle et les prix des fruits et légumes connaîtront, une hausse vertigineuse et ce, au grand dam des bourses moyennes. « Nous avons l’habitude de subir le dictat des spéculateurs. Ceux-ci stockent les fruits et les légumes et les autres produits de large consommation, durant le mois de Ramadan, dans des chambres froides et qu’ils cèdent à des prix exorbitants en portant un sérieux préjudice aux ménages », déclare à Afrik.com A. Sofiane commerçant dans la région de Kabylie , au centre du pays.

« La faute n’incombe pas aux commerçants puisque ceux-ci dépendent directement des grossistes qui achètent comme ils veulent et vendent comme ils veulent. En un mot, ils font la pluie et le beau temps. Ce sont eux qui monopolisent le marché », nous fait remarquer Achour. B commerçant dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Ce neuvième mois du calendrier musulman est une opportunité pour les spéculateurs pour bien écouler leurs marchandises sans oublier au passage d’augmenter leurs prix. Une hausse des prix qui porte préjudice aux citoyens qui comptent faire le Ramadan et rompre le jeûne avec des bons plats. Au Maghreb en général et en Algérie en particulier, le carême est un moment de retrouvailles avec la divinité et avec les membres de sa famille. C’est aussi le moment la période la plus propice pour l’augmentation de la consommation, occasion idoine pour les prédateurs de s’enrichir sur le dos des croyants.

Les tentatives annoncées par les autorités algériennes de juguler cette flambée des prix qui a lieu tous les ans pendant le mois sacré du jeûne n’ont finalement aucun effet sur le terrain. La situation s’empire et se complique davantage d’autant qu’aucune autorité ne peut se porter garante d’une quelconque régulation des prix. Ce n’est plus un secret pour personne qu’en Algérie, le Ramadan est le mois de toutes les spéculations en ce qui concerne les couts.

Les spéculateurs achètent les produits agricoles en grande quantité chez les agriculteurs à des montants réellement accessibles aux bourses maigres. Mais ils auront pour destination les chambres froides où ils sont stockés, ce qui provoque leur raréfaction sur le marché. D’où la hausse de leurs couts. « La mafia des fruits et légumes nous dicte sa loi à chaque mois de Ramadan. Tellement ces produits sont trop demandés durant cette occasion, ils sont les premiers à subir une hausse inacceptable sans que les pouvoirs publics ne soient en mesure de lever le petit doigt », nous confie un père de famille complètement désabusé.

Les viandes rouges et blanches tout comme d’autres produits de grande consommation tels que les pois chiches et les produits laitiers n’échappent aucunement à cette flambée. Les Algériens seront donc saignés aux quatre veines à l’occasion de ce mois pour lequel de nombreux chefs de famille se préparent. Pour éviter le pire, ils s’approvisionnent déjà aux différents points de vente. Le prix de la tomate est déjà inaccessible sur le marché. L’oignon et l’aille n’échappe pas à cette hausse vertigineuse. La courgette ne l’est pas aussi puisque elle devient de plus en plus demandée.

C’est ainsi que l’ensemble des prix des produits les plus demandés et indispensables pour le repas de ce que l’on appelle le ftour, la rupture du jeûne, connaissent déjà des augmentations variant entre 20 à 100%. Le silence des services de contrôle des prix qui restent toujours statiques face à cette dégradation du pouvoir d’achat des chefs de famille inquiète au plus haut niveau la population. C’est dire que chaque Ramadan apporte son lot de souci et d’angoisse pour les Algériens surtout ceux issus des couches sociales défavorisées.