Algérie : Gaïd Salah, la fin ou le début ?

Le général Ahmed Gaïd Salah

Aux commandes de l’Algérie depuis l’éviction, par la rue, de l’ancien Président Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en février dernier, le général Ahmed Gaïd Salah, va-t-il libérer le pouvoir ou est-ce qu’il vient de commencer à diriger le pays ?

L’Algérie vient d’avoir un tout nouveau Président, en la personne d’Abdelmadjid Tebboune. L’élection de ce dernier, au soir du 12 décembre 2019, vient mettre fin à une période de latence ayant couru depuis l’éviction de l’ancien Président Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission par le peuple algérien, en février dernier. Depuis cette date, une personne était aux commandes. Il s’agit du général Ahmed Gaïd Salah dont le statut mérite aujourd’hui un coup de projecteur.

L’ambivalent général, à l’aise aussi bien avec le clan Boutreflika quand ils partageaient ensemble le pouvoir, que contre ce même clan lorsque l’ancien dirigeant a perdu les commandes du pays, aura prouvé à la face du monde qu’il reste très stratège avec plus d’une corde à son arc. Le mutisme dans lequel Ahmed Gaïd Salah s’est emmuré depuis l’élection du nouveau Président Abdelmadjid Tebboune est plus qu’assourdissant. Algériennes comme Algériens savent pertinemment que Gaïd Salah ne peut, en aucun cas, se comporter en étranger dans le magistère du nouveau dirigeant.

Grand artisan de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, à la quelle il avait convié certains Algériens, là où il contraignait d’autres citoyens à aller choisir entre cinq pro-Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah a une position plus qu’ambigüe. Sauf que les Algériennes et les Algériens s’attendent à ce qu’il laisse le nouveau Président diriger le pays. Le général qui n’a pas tenu la promesse faite à Abdelaziz Bouteflika à qui il confiait « nous partirons ensemble » est attendu pour aller gérer ses casernes et ne pas tenter d’accompagner Abdelmadjid Tebboune, qu’il pourrait bien lâcher en plein chemin, comme il l’a fait avec les Bouteflika.

Pour l’heure, compte tenu de son silence, difficile de savoir si Ahmed Gaïd Salah a complètement libéré le pouvoir où s’il compte continuer de tirer les ficelles. Affaire à suivre !