Algérie-France : l’affaire Ali Mecili rebondit

Vingt et un an après l’assassinat de l’un des fervents défenseurs des droits de l’homme algérien, Maître Ali Mecili, en France, l’affaire qui a trop duré pour connaitre son épilogue, rebondit. Mohamed Ziane Hasseni, responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, a été arrêté jeudi dernier, à l’aéroport de Marseille-Marignane. Il lui a été interdit de quitter la région parisienne avant son passage devant le juge.

Notre correspondant en Algérie

Accusé de « complicité d’assassinat » dans l’affaire Ali Mecili et mis dans l’interdiction de quitter la région parisienne avant une prochaine convocation chez le juge d’instruction Baudouin Thouvenot, à la fin du mois d’août, le chef du protocole au ministère des affaires étrangères algérien,
Mohamed Ziane Hasseni, occupe la Une des médias algériens. Des sources crédibles parlent du lancement d’un mandat d’arrêt international contre lui il y a une année, pour « complicité » présumée dans l’assassinat de Maître Ali Mecili, avocat et opposant au régime algérien. Une disposition qui a conduit à son arrestation à la cité phocéenne en provenance d’Alger.

Depuis le jour de l’assassinat du juriste et défenseur des droits de l’homme en avril 1987, dans la capitale française, sa famille n’a jamais lâché prise. Elle a toujours réclamé justice, une demande qui a abouti à chaque fois à des résultats négatifs. Le président du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed, a réagi, ce samedi, avec satisfaction sur les ondes de Radio France Internationale en apprenant la nouvelle de la mise en examen du chef de protocole du ministère algérien des Affaires étrangères. « Je suis très heureux d’apprendre qu’enfin on met fin d’une certaine manière à l’impunité » a-t-il déclaré alors que l’avocat de la famille Mecili n’a pas caché lui aussi son contentement de voir l’affaire aboutir à un résultat concret.

Dans cette affaire, nombreux sont ceux qui craignent de voir le politique prendre le dessus sur le judiciaire. Le secrétaire général du plus vieux parti d’opposition algérien, le Front des forces socialistes, en fait partie et réclame toujours justice. Le gouvernement algérien est pointé du doigt aussi bien par Hocine Ait Ahmed, leader du FFS, que par l’ancien président algérien, Ahmed Benbella, selon lequel le meurtre de Mecili « a été télécommandé par Alger ». En Algérie, cette arrestation est largement commentée par les médias alors qu’aucune déclaration officielle n’émane pour l’heure du gouvernement, lequel suit de très prés le développement de la situation