Algérie : double attentat à Bouira

C’est dans le sang et la douleur que les Algériens s’apprêtent à célébrer le 52ème anniversaire du congrès de la Soummam. En 24 heures seulement, une série d’attentats a fait une cinquantaine de morts et des dizaines de blessés. Après le carnage d’hier aux Issers, ce matin c’est la ville de Bouira qui a été touchée par les terroristes.

Notre correspondant en Algérie

L’effusion de sang continue. Deux attentats terroristes à la voiture piégée ont été perpétrés, ce mercredi, aux environs de 6h00 dans la ville de Bouira, à l’est d’Alger. 11 morts et 31 blessés : tel est le premier bilan provisoire de l’attaque.

Le premier attentat terroriste avait pour cible le secteur militaire de cette localité dont la façade extérieure a été complètement soufflée par la déflagration. Quatre militaires y ont été blessés. Ils ont été transférés vers des centres hospitaliers pour des soins intensifs.
Plusieurs véhicules ont été endommagés alors que les vitres plusieurs immeubles ont volé en éclats, ce qui renseigne sur la charge explosive de l’engin.

Le second attentat, le plus meurtrier, s’est produit devant l’hôtel Sophie, environ un quart d’heure plus tard. 11 personnes y ont perdu la vie et 27 autres ont été blessées. Ce double attentat intervient 24 heures seulement après celui perpétré contre une école de la gendarmerie nationale. Il avait fait 43 morts et 46 blessés.

La marque d’Al Qaida

Ces actes portent la signature du groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) d’Abdelmalek Droukdal, Alias Abou Mossaab dont l’organisation est affiliée à la nébuleuse Al Qaida d’Oussama Ben Laden.
Ces attentats meurtriers ayant fait plusieurs victimes parmi les civils et les membres des services de sécurité sont calqués sur le modèle de ceux perpétrés dans la capitale irakienne, Baghdad, et qui sont l’œuvre d’Al Qaida.

La population algérienne assiste impuissante à une recrudescence des plus folles du terrorisme à l’heure où les services de sécurité multiplient des assauts et des offensives contre les groupes qui écument les maquis en engageant des moyens humains et matériels impressionnants.

L’on est à quelques semaines seulement du mois sacré du Ramadhan, et la peur va crescendo. C’est le mois que choisissent les terroristes pour accomplir leurs plus grands forfaits. Des centaines de personnes avaient par le passé payé de leurs vies leurs veillées « ramadhanesques » notamment dans la ville d’Alger. La facilité avec laquelle opèrent Al Qaida au pays du Maghreb Islamique inquiète à plus d’un titre la population qui ne sait à quel saint se vouer.