Algérie : de « Bouteflika dégage » à « système dégage »

Le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika

La mobilisation des Algériens ne faiblit pas. Les manifestants qui dans un premier temps réclamaient tout juste le départ du Président Abdelaziz Bouteflika, veulent désormais voir tout le « système » se retirer de la gestion du pays.

Ils étaient des milliers d’étudiants algériens, rejoints par des professionnels de la Santé, à descendre dans les rues algériennes pour manifester, ce mardi 19 mars 2019, jour anniversaire de la fin de la guerre d’indépendance. L’objectif : réclamer à nouveau le départ du Président Abdelaziz Bouteflika. Surtout que le chef de l’Etat avait réitéré, la veille, son intention de rester au pouvoir, même après la date des élections, initialement prévues en avril 2019.

Face à cette volonté répétée du Président qui n’entendait pas partir, les étudiants de plusieurs campus de la capitale, rassemblés dans le centre d’Alger, ont scandé des slogans hostiles au dirigeant certes, mais aussi à tout le système mis en place. « Les étudiants s’engagent, système dégage ! », « Faites comme les dinosaures, disparaissez ! », pouvait-on entendre et lire sur les pancartes, brandies lors de manifestations pacifiques. Il s’agissait pour la plupart d’étudiants en géologie, rejoints par de nombreux professionnels du secteur de la santé, notamment des médecins et des infirmiers.

Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, a déclenché la colère des Algériens lorsqu’il a annoncé briguer un cinquième mandat à la tête du pays. Tenaillé de toutes parts par une population qui exigeait son départ, le chef de l’Etat pris l’option de renoncer à ce cinquième mandat, non sans annoncer que cette Présidentielle, prévue le 18 avril 2019, est reportée sine die, prolongeant de fait son quatrième mandat. Ce lundi, l’annonce faite par Bouteflika de rester au pouvoir, même après la date des élections, a irrité davantage les populations qui ne décolèrent toujours pas.