Algérie : cette mesure qui fait trember les policiers auteurs de violence à Tizi-Ouzou

La sortie du ministre algérien de l’Intérieur et des Collectivités locales , Tayeb Belaïz, promettant des sanctions à l’encontre des policiers impliqués dans les violences du 20 avril soulage les Algériens, mais aussi fait trembler plus d’un policier.

(De notre correspondant à Alger)

Les Algériens ont été très soulagés d’apprendre la sortie du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales , Tayeb Belaïz, qui promet des sanctions à l’encontre des policiers impliqués dans les violences du 20 avril. Ces policiers avaient violemment réprimé une manifestation dans la ville de Tizi-Ouzou, en marge de la marche.

Alors que le climat pré-électoral était très tendu du fait de la répression qui a émaillé toutes les marches pacifiques, des policiers trop zélés s’étaient permis, le 20 avril, de réserver un traitement inhumain et dégradant à un jeune manifestant à même le sol.

La propagation sur les réseaux sociaux de la vidéo corroborant les faits a suscité un sentiment d’hostilité à l’égard de tout ce qui symbolise le pouvoir. C’était d’ailleurs l’élément déclencheur qui incitera les jeunes à recourir à la violence pour exprimer leur ras-le-bol quant aux pratiques du régime dans une dynamique conflictuelle.

Mais voilà que le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales , Tayeb Belaïz, réagit en promettant des sanctions à l’encontre de tous ceux qui y étaient impliqués. « A défaut de plainte, des sanctions administratives seront imposées aux personnes impliquées », avait-il tenu à déclarer. Il a ajouté que « les corps de sécurité sont tenus par le respect rigoureux des lois de la République dans toutes leurs interventions », avant d’indiquer que « l’enquête suit son cours. Et si des preuves corroborent les faits signalés, ces personnes seront déférées devant la justice comme tous les citoyens ». Une décision qui fait trembler plus d’un policier.

Une sortie médiatique qui vient apaiser la colère des jeunes manifestants qui ne comptent pas abdiquer tant les sanctions ne vont pas tomber. « Ces policiers ont vraiment franchi le rubicond. Un jeune manifestant dans un état comateux est traité de façon inhumaine et dégradante par des policiers censés lui venir en aide et l’acheminer à l’hôpital. Heureusement que des citoyens épris de justice et de démocratie ont filmé et mis à nu ces pratiques d’un autre âge, poussant les responsables à sévir. La sanction de ces policiers apaisera, pour sûr, les esprits et permettra au moins de croire que même les serviteurs de l’état peuvent être traités à la même enseigne que le citoyen lambda », nous fait remarquer un étudiant à l’université de Tizi-Ouzou.

« La circulation de l’image d’une vidéo montrant des agissements regrettables de policiers contraires à l’éthique professionnelle dans la ville des Genets a attisé la colère de tous les citoyens. Ces derniers se sont sentis humiliés par ceux censés les protéger. Ce qui a incité des jeunes et moins jeunes à répondre par l’usage de la violence, s’en prenant à tout ce qui symbolise l’état considéré comme source de répression et de malheur », nous fait remarquer un universitaire local.