Algérie : Bouteflika tiendra-t-il le choc ?

Agé de 76 ans, Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été désigné samedi, par le Front de libération nationale (FLN), candidat à l’élection présidentielle de 2014. Il devrait donc briguer un quatrième mandat. Mais sa santé fragile pourrait bien anéantir son objectif.

Sans surprise, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika a été désigné samedi par le Front de libération nationale (FLN) candidat à la Présidentielle de 2014 pour un quatrième mandat. Agé de 76 ans, le chef de l’Etat est au pouvoir depuis 1999. Le comité central du parti s’est réuni à Alger pour annoncer sa décision. Mais des dirigeants du FLN ont annoncé vendredi qu’ils boycottaient cette réunion, la jugeant illégale, notamment en raison de l’élection controversée en août de son Secrétaire général Amar Saïdani. Ils ont déposé un recours devant le conseil d’Etat pour demander l’annulation de cette élection. Sans succès.

Depuis les Législatives de mai 2012, une crise a éclaté au sein du FLN après l’éviction en fin janvier de son ex-chef contesté Abdelaziz Belkhadem. Selon des observateurs, l’élection d’Amar Saïdani a permis aux fidèles d’Abdelaziz Bouteflika de garder la mainmise sur le parti à l’approche de la prochaine Présidentielle. Amar Saïdani a, pour sa part, expliqué que le choix de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la prochaine Présidentielle était motivé par le bilan « positif réalisé par ce dernier dans tous les domaines, politique, diplomatique, économique, sécuritaire et social, depuis son élection en 1999 à ce jour ».

Un quatrième mandat toujours en question

Toutefois, de nombreux Algériens se demandent si le Président pourra briguer un quatrième mandat, tant sa santé est fragile. Surtout depuis qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral, en avril dernier, qui lui a valu d’être hospitalisé en urgence à Paris. Après trois mois de soins intensifs, il était alors rentré en Algérie le 16 juillet. A son retour, il avait disparu de la scène politique, avant d’y revenir progressivement. Mais pour l’opposition, les tracas de santé d’Abdelaziz Bouteflika ne lui permettent pas de briguer un nouveau mandat.

Le Secrétaire général du FLN, Amar Saïdani a, quant à lui, tenté de faire taire les critiques concernant la santé du Président algérien en le comparant avec l’ancien Président américain, Franklin Roosevelt, affirmant que ce dernier a été élu à « quatre reprises, alors qu’il se déplaçait en chaise roulante ». Suite à la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels par une révision partielle de la Constitution en novembre 2008, Abdelaziz Bouteflika a pu briguer un troisième quinquennat en avril 2009. Même s’il a officiellement été désigné ce samedi par son parti, sa fragile santé lui permettra-t-elle de diriger à nouveau l’Algérie minée par le chômage et les tensions sociales ? Rien n’est moins sûr.