Algérie : Belkhadem vs Saadani, une histoire de pouvoir

L’ex-secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, souhaite que son rival Amar Saadani, actuel patron du FLN, organise une élection à bulletin secret pour élire le nouveau dirigeant du parti.

La guerre que se livrent le camp Belkhadem et celui de Saadani continue de faire parler d’elle. L’ex-secrétaire général du FLN, évincé de la tête du parti suite à un vote de confiance, souhaite que son successeur organise une élection à bulletin secret.

L’ancien coordinateur du parti, Abderrahmane Belayat, qui a choisi le camp d’Abdelaziz Belkhadem, valide l’idée d’organiser cette élection qui serait, selon lui, soutenue par le Président Bouteflika en personne, président d’honneur du FLN. « Le Président soutient l’idée que la crise au FLN doit être tranchée par l’urne, déclare M. Belayat. Il a également demandé que le conseil de discipline ne soit pas activé contre des membres du comité central (CC) ». Il affirme que 257 membres du CC ont donné leur accord pour organiser une réunion suivie d’un vote pour élire un nouveau secrétaire général à la tête du parti.

Une réunion à huis clos avec Bouteflika

Lors d’un entretien accordé à El Bilad TV, l’ancien patron du FLN est revenu sur la réunion de juin dernier qui avait rassemblé le président de la République, son directeur de cabinet, Ahmed Ouyahia, le général Toufik, patron du DRS, et lui-même. D’après lui, Bouteflika aurait ordonné d’ « ajouter au menu de la session du comité central du 24 juin un nouveau point ayant trait à l’élection d’un nouveau secrétaire général du FLN ». De plus, le Président aurait, selon Belkhadem, exigé la présence de « tous les membres du comité central, y compris ceux suspendus ».

Bouteflika aurait donné son feu vert à belkhadem

Certains médias algériens estiment que Belkhadem a reçu le soutien du Président, sans ça, « il ne pourrait pas se permettre de révéler la teneur des propos de Bouteflika », écrit El Watan. « Il est clair qu’il a l’accord du Président, estime Boualem Djaffer, sénateur et membre du comité central. Il est tenu par le droit de réserve. S’il a décidé de parler, c’est qu’il a reçu l’autorisation de le faire par le Président ».

Bouteflika voudrait s’impliquer dans ce dossier suite aux récentes attaques de l’actuel secrétaire général du FLN contre le général Toufik. « Amar Saadani a agi comme un pyromane, rappelle un membre du comité central. Par ses déclarations, il a failli rompre l’équilibre entre les différents cercles du pouvoir », signe que Belkhadem ne doute pas de lui.

Une interprétation « fallacieuse »

D’autres affirment en revanche que Belkhadem n’a reçu aucun soutien du Palais d’El Mouradia. « Comment voulez-vous que le Président soutienne Belkhadem alors qu’il n’a même pas été autorisé à participer à la dernière réunion du comité central », juge Abdelkader Cherrar. Selon lui, « si le Président voulait faire passer un message, il le ferait selon les canaux habituels pour rendre crédible sa décision. Pour le moment, nous sommes les observateurs d’une interprétation fallacieuse des propos du Président par un homme assoiffé de pouvoir », conclut-il.