Algérie : Abdelaziz Rehabi s’interroge sur la volonté réelle des rédacteurs de l’avant-projet de révision de la Constitution

Abdelaziz Rehabi

L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi s’est exprimé sur le contenu de l’avant-projet de révision de la Constitution, soumis depuis le 7 mai dernier.

Abdelaziz Rehabi

Sollicité par le gouvernement Tebboune, l’ex-ministre de la Communication considère que le projet de loi en question « s’inscrit dans l’esprit de ses rédacteurs et de ses promoteurs dans la perspective de mettre l’Algérie en rapport avec le temps, de faire entrer le pays dans la modernité institutionnelle, de mettre les fondements d’un État de droit ».

Il s’interroge, toutefois, sur l’objectif réel de la démarche, quant à la révision constitutionnelle, proposée par le nouveau gouvernement du premier ministre Abdelaziz Djerad. « (…) s’agit-il d’une opération de stabilité d’un système politique ébranlé par la Hirak et encore porté par sa longue réputation de ne rien faire sans la pression ? », se demande-t-il.

Selon lui, le débat actuel, qui nécessite une large adhésion de tous les acteurs de la société civile, « a pour objectif d’envisager ses conclusions comme un des actes fondateurs de la transition vers un système politique moins autoritaire et plus juste ». M. Rehabi propose, dans ce sens, « un mandat unique d’une durée de six mois ». Car, selon lui, « la vie de la Nation est en bonne partie réglée sur les échéances électorales. Les élections présidentielles remettent périodiquement l’administration au centre de la politique globale de l’État et l’éloigne de sa mission de service public ».

« Des moyens financiers considérables sont mobilisés sur le budget de l’État et la perspective de la réélection favorise la corruption et le clientélisme », explique-t-il. Il plaide, également, pour la suppression du Conseil de la Nation et la consécration de l’indépendance du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Concernant la proposition portant création du poste de Vice-président, ajoutée dans la première mouture de la Constitution, l’ex-ministre de la Communication précise que « cette proposition revient à chaque révision de la Constitution à l’idée d’organiser la succession du chef de l’État dans des conditions normales ou en temps de crise sans passer par les urnes. Elle ne déroge pas à la tradition nationale en la matière ».