Algérie : Abdelaziz Bouteflika opposé à 7 candidats, mais que risque-t-il ?

Abdelaziz Bouteflika

Fin du suspens, Abdelaziz Bouteflika se présente bien pour un 5ème mandat a-t-il été décidé ce dimanche. Le président algérien affrontera donc sept autres candidats mais, après le retrait de son ancien Premier Ministre Ali Benflis, nul ne semble en mesure de lui contester la victoire. Présentation des candidats.

Abdelaziz Bouteflika, « n’a pas la santé de ses 20 ans, mais il a toute la tête de ses 20 ans (…) C’est lui qui décide, ce n’est pas le système qui le désigne », a déclaré l’ambassadeur d’Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, sur la chaine française CNews. Bouteflika a promis, dans une lettre adressée aux algériens, de faire un mandat écourté et de mettre en place d’importants changements pour l’Algérie.

Voir la déclaration du Président algérien  : Abdelaziz Bouteflika se présente pour un 5e mandat écourté et promet d’importants changements pour l’Algérie

Le général à la retraite Ali Ghediri qui fut le premier prétendant à la succession de Bouteflika tente de barrer la route au chef de l’Etat (Lire le général Ali Ghediri déclenche le « putsch » contre Bouteflika et défie Gaïd Salah). Promu général en 2000, Ali Ghediri, âgé de 64 ans, a pris sa retraite en 2015. Pendant une dizaine d’années, il a été directeur des ressources humaines du ministère algérien de la Défense. Le général s’est récemment fait remarquer pour ses déclarations dans la presse allant dans le sens du changement. Ce qui lui a d’ailleurs valu des mises en garde du ministère de la Défense, notamment du général Gaïd Salah, qui outre le fait d’avoir tenté de recadrer AlinGhediri, a insisté sur l’obligation de réserve à laquelle sont astreints les militaires.

Abdelaziz Belaïd,âgé de 55 ans, président du parti du Front Al-Moustakbel, a indiqué qu’il avait « collecté 115.000 signatures auprès des électeurs, à travers les 48 wilayas et 1748 signatures d’élus locaux ». Inconnu pour beaucoup d’Algériens, Abdelaziz Belaid a décroché une place au Comité central du FLN lorsqu’il avait 23 ans. En 2001, il est désigné membre du bureau politique du FLN. Il a également été élu pour deux mandats consécutifs de député (1997-2002 et 2002-2007).

Rachid Nekkaz, homme d’affaires de 47 ans, né en France en 1972 à Villeneuve Saint-Georges (94) de parents algériens installés en France depuis 1950. Il crée en 1995 la première association d’initiation à Internet dans les quartiers populaires de Choisy-le-Roi, avec des jeunes en difficulté. Il est aujourd’hui surtout connu pour réglé les amendes de femmes portant le niqab a déjà tenté de se présenter lors de l’élection présidentielle de 2007 en Algérie. Il n’avait pu présenter les signatures nécessaires, sa voiture ayant, dit-il, été dérobée dans la cour du Conseil Constitutionnel… La candidature de Rachid Nekkaz va être refusée par le Conseil Constitutionnel car il a envoyé un homonyme déposer une candidature à sa place. De toute façon, sa femme ne serait pas de nationalité algérienne rapporte certains médias ce qui l’empêchait de pouvoir se présenter (voir les conditions nécessaires à l’élection présidentielle en Algérie en bas de l’article).

Lire son interview par Afrik.com en 2006 : Rachid Nekkaz, « la France à tous les Français »

Mahfoud Adoul, le président du Parti de la victoire nationale le PVN qui veut un gouvernement de technocrates,  avait déjà voulu se présenter, sans succès, à l’élection présidentielle de 2014.

Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme et président du Mouvement El-Bina, né le 1er janvier 1962 à Ouargla est un membre de la mouvance islamiste. Il a pour projet d’édifier « une deuxième république ayant pour fondements, la préservation des constantes, le correction des insuffisances et l’adaptation à la nouvelle ère ». Voir sa page Facebook.

Ali Zeghdoud, le président du Rassemblement algérien, âgé de 81 ans et présent sur la scéne politique depuis une trentaine d’années. Le Rassemblement Algérien,s’appelait à l’origine le Rassemblement Boumedièniste. Il fut conseiller de Houari Boumediène, avant de s’éclipser de la scène publique qu’il réintègre à la faveur du Conseil national de transition (CNT).

Abdelhakim Hamadi, candidat indépendant, né en 1965 fut docteur vétérinaire dans le secteur étatique avant de se lancer dans les affaires après avoir crée une entreprise d’importation et de distribution de médicaments. Finalement, il avait décidé de créer sa propre industrie de fabrication et de distribution de médicaments dans la zone industrielle de Sidi bel-Abbès.

Condition à remplir pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle en Algérie : Outre un dossier administratif contenant les renseignements sur le candidat, le dossier doit présenter soit une liste comportant aux moins 600 signatures individuelles de membres élus d’assemblées populaires communales, de wilayas ou parlementaires et réparties, au moins, à travers 25 wilayas, soit une liste comportant 60.000 signatures individuelles, au moins, d’électeurs inscrits sur une liste électorale rappelle l’APS qui précise qu’outre les signatures requises, la demande est aussi accompagnée d’un dossier comportant plusieurs pièces notamment une déclaration sur l’honneur attestant que l’intéressé possède uniquement la nationalité algérienne d’origine et qu’il n’a jamais possédé une autre nationalité, une déclaration sur l’honneur attestant de sa confession musulmane, un certificat de nationalité algérienne d’origine du conjoint de l’intéressé et une déclaration sur l’honneur attestant que le conjoint jouit uniquement de la nationalité algérienne.

Elle doit comporter également un certificat de nationalité algérienne d’origine du père et de la mère de l’intéressé, une déclaration sur l’honneur attestant la résidence exclusive, en Algérie, pendant 10 ans, au moins, sans interruption, précédant immédiatement le dépôt de candidature de l’intéressé, une attestation de participation à la révolution du 1er novembre 1954 pour les candidats nés avant le 1er juillet 1942 et une attestation de non implication des parents du candidat, né après le 1er juillet 1942, dans des actes hostiles à la révolution.