Algérie : à deux jours des législatives, le changement que promettent les candidats reste sans écho

Deux jours seulement nous séparent d’un événement en réalité sans importance aucune : Les élections législatives dont les résultats sont « connus d’avance ».

(De notre correspondant)

Si la campagne électorale pour les législatives de ce jeudi 10 mai a pris fin sans incident avant-hier, dimanche, après trois semaines d’activités partisanes, il y a lieu de retenir que les acteurs activement engagés ont eu beaucoup de mal à se faire écouter. Surtout dans les wilayas du centre du pays comme la Kabylie où la population ne croit plus aux promesses mensongères des « forgerons du verbe ».

Même si cette campagne s’est déroulée dans de meilleures conditions et non émaillée « d’incidents majeurs », comme l’a laissé entendre lundi à Alger le chef de la mission électorale de l’UE, José Ignacio Salafranca, elle resterait inique puisque les partisans du boycott n’ont connu aucune tribune d’expression. Leur voix est presque étouffée dans l’œuf alors qu’ils défendent une opinion profondément ancrée dans le réflexe de beaucoup de jeunes : « Les législatives n’apporteront rien et ne changeront aucunement le sort des algériens qui reste entre les mains des décideurs ».

Ainsi, donc, tous les partisans de cette idée sont vus comme des « apostats » par ceux qui en défendent le contraire et qui comparent cette joute au déclenchement de la lutte armée contre l’occupant.

Le travail des 40 observateurs issus des Etats membres de l’UE, de la Norvège et de la Suisse, accompli en Algérie depuis un mois aux fins d’examiner les conditions de déroulement de cette campagne électorale sera poursuivi aux bureaux de vote et aux centres de dépouillement. Les 47.000 bureaux de votes que compte le pays seront aussi surveillés mais nombreux sont ceux qui avancent déjà le « bourrage des urnes » comme cela a déjà été le cas en Algérie.

Certains candidats à cette joute croient dur comme fer au changement. C’est le cas du parti patriotique libre qu’incarne Moussa Rezzik qui reconnait que « le sentiment d’injustice est palpable à tous les niveaux de la société et ce n’est pas qu’un sentiment. C’est une réalité insupportable dans un pays comme le notre où l’égalité doit jouer un rôle fondamental dans le pacte démocratique ». »Nous devons être au pouvoir pour réformer la justice, lui donner une vraie indépendance et lui permettre d’agir avec rapidité » note-t-il dans un communiqué de presse. A quelques encablures de ces élections parlementaires, la capitale du pays, Alger fait peau neuve. Ses principaux quartiers sont en train de subir des travaux d’embellissement et les trottoirs refaits à neuf. Ceci rappelle les veilles coutumes et habitudes qui précédaient la venue d’un Raïs qui trouvait les routes asphaltées, les murs badigeonnés, les mobiliers urbains renouvelés.

La sécurité renforcée

Pour garantir la sécurité et le bon déroulement des élections, la Gendarmerie nationale est mobilisée au plus haut niveau. Des moyens humains et matériels sont mobilisés pour assurer la sécurité du territoire, la protection des centres et bureaux de vote et aussi des personnes et des biens dans toutes les régions.

«La protection et la sécurisation des 6.916 centres de vote se trouvant sur le territoire de compétence de la Gendarmerie nationale avec un taux de 61% du total des 11.401 centres de vote répartis sur le territoire national en plus des 219 bureaux de vote itinérants est assurée totalement par la Gendarmerie nationale » note un communiqué de presse de cette institution relayé par la presse locale.