Algérie : 50 immigrés clandestins interceptés à Annaba

Une cinquantaine de personnes a été interceptée mardi par les gardes côtes algériens au large d’Annaba alors qu’elle tentait de rejoindre les côtes italiennes à bord de trois embarcations de fortune. Des milliers de jeunes Algériens tentent ainsi de fuir leur pays.

De notre correspondant en Algérie

Dans leur opération de contrôle de routine sur la façade maritime d’Annaba, à l’Est de l’Algérie, les gardes-côtes ont intercepté mardi trois embarcations de fortune prêtes pour l’aventure italienne. A leur bord, 17, 24 et 10 candidats à l’immigration clandestine, selon des sources généralement bien informées. Les deux premières embarcations étaient immédiatement saisies et leurs 41 occupants arrêtés. Ils se présenteront dans les prochains jours devant le procureur de la République près le tribunal d’Annaba, qui statuera sur leur cas.

L’été de tous les dangers

Durant l’été, où la mer méditerranée est calme, le phénomène de l’immigration illégale s’accélère, comme en témoignent les dernières opérations menées par les gardes-côtes algériens. Ils ont notamment intercepté pas moins d’une dizaine de personnes la semaine dernière.

Les gardes côtes algériens, qui avaient dans un passé récent à secourir des dizaines de candidats à l’immigration clandestine, mobilisent les moyens humains et matériels pour endiguer un phénomène qui a pris des proportions alarmantes ces dernières années.

2 000 euros le départ

En 2007, plus de 1 500 candidats avaient été arrêtés et la plupart avaient été traduits devant des juridictions compétentes. Des chiffres avancés par des sources très au fait du dossier annoncent que 718 candidats à l’immigration ont été arrêtées durant le premier semestre de l’année en cours. Ce qui prouve, si besoin en était, que les jeunes Algériens recherchent l’espoir et le bien-être sur le vieux continent, où ils partent par milliers.

Deux régions sont privilégiées pour quitter l’Algérie : Annaba et Oran (Ouest). La première est choisie pour rejoindre les côtes italiennes et la seconde pour entrer en Espagne. Les réseaux de passeurs sont à pied d’œuvre. « Il faut réunir la somme de 2 000 euros pour aspirer à une place dans cette embarcation, qui ne démarre qu’une fois complète », nous confie Hakim, un jeune Algérois qui avait par le passé tenté vainement de traverser la mer Méditerranée pour joindre l’Europe. Désabusé, il conclut : « Parfois les candidats qui attendent le départ passent des nuits dehors à braver le froid et la chaleur avant de prendre le grand risque ».