Alger veut respirer mieux

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika demande à la communauté internationale d’aider son pays à lutter contre la pollution. Les grandes villes algériennes sont arrivées à saturation. L’Algérie veut combler son retard dans le domaine de l’environnement.

 » Le fardeau financier en matière de préservation de l’environnement ne doit pas être supporté par l’Etat seul « , a averti le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, lors de la conférence internationale sur l’environnement et le développement durable qui se tient à Alger depuis lundi. Il demande à la communauté internationale d’aider l’Algérie à lutter contre la pollution et propose de mettre à contribution les pollueurs.

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme : l’Algérie compte plus de 700 000 asthmatiques, dus essentiellement à la qualité de l’air.  » Avec la politique de l’industrie industrialisante, tous les gouvernements qui sont succédés à la tête du pays ont privilégié la création des grandes entreprises, quelquefois implantées au coeur même des grandes villes, au détriment de la santé et de la rationalité économique. Il fallait créer de l’emploi à grande échelle et la notion de l’environnement ou de l’écologie étaient inexistantes « , note Hamid Aberkane, géographe, présent à la conférence.

Réinventer l’écologie

Monstruosité industrielle. Alger est ceinturée par une industrie fortement polluante avec une cimenterie à l’ouest, une décharge à ciel ouvert à l’est et une usine de matières grasses dans le coeur même de la capitale, à Belcourt. Sans compter les transports.  » Il faut repenser la capitale, réinventer Alger. Il est urgent de sortir des usines d’Alger intra-muros, relancer sérieusement le métro pour désengorger les rues et de dépolluer le port. Cela demande beaucoup d’argent mais c’est vital. Cela fait longtemps qu’Alger la Blanche est devenue grise « , tranche Mourad Saber, urbaniste.

Premiers pas. Le nouveau gouvernement algérien a décidé de faire appel à des experts internationaux pour élaborer sa politique écologique. Des contrats sur la formation des cadres spécialisés dans l’environnement et sur le traitement des déchets industriels ont été signés avec l’Italie. Pour parer à l’urgence.