Alexandra Duparc, la perle rare

Alexandra Duparc est créatrice de bijoux. Ses créations, réalisées en majorité à partir de perles africaines, font d’elles une véritable ambassadrice du continent. Elle collabore avec les plus grands stylistes de la place abidjanaise. Ce petit bout de femme, vraie boule d’énergie, veut s’exporter. Normal, elle est talentueuse.

Créatrice de bijoux, telle est la profession d’Alexandra Duparc. Une vocation, même, pourrait-on dire. Elle semble partager avec son père Henri Duparc, célèbre cinéaste ivoirien, une sorte de « gène artistique ». Le sien s’exprime à travers des bijoux qu’elle réalise avec des perles africaines. Néanmoins, plumes, fleurs, poids Baoulé et raphias sont également mis à contribution pour donner des colliers, des ceintures et autres colifichets dont raffolent toutes les femmes. Son péché mignon : travailler le poids Baoulé brut en bronze quand il n’est pas encore doré au plaqué or. En modernisant ces matériaux bruts, elle participe à la valorisation du patrimoine culturel ivoirien et africain. Un travail que résume parfaitement son adage préféré.  » Ce n’est pas la préciosité du bijou qui fait sa beauté mais l’émotion qu’il dégage « , aime-t-elle à dire.

Bijoux flexibles

A l’entendre, vous savez immédiatement qu’Alexandra Duparc a du  » peps « . C’est d’une voix tonique qu’elle m’explique qu’elle était d’une certaine manière prédisposée à créer.  » Depuis toute petite, je suis manuelle.  » L’aventure débute en juillet 1998. Son diplôme d’architecte d’intérieur en poche, elle débarque à Abidjan où vivent ses parents.  » Je ne savais pas trop quoi faire, ce n’était pas très évident en France.  » Elle sonde le marché et sa passion pour les bijoux  » fantaisie  » lui donne des idées. Sur ce plan,  » il n’y avait pas grand chose sur place à des prix abordables « , raconte-t-elle. Elle crée bientôt sa marque, Perle Indigo. De ses proches, sa clientèle s’élargit à tous les cercles et tous les âges. Alexandra Duparc note néanmoins avec satisfaction qu’elle a  » de plus en plus de clientes ivoiriennes  » par rapport à ses débuts.

Son travail est également reconnu par des professionnels. La jeune femme travaille avec plusieurs stylistes de la place comme Miss Zahui ou encore plus récemment Gilles Touré. La marque de textile Woodin fait appel à elle. En 2002, lors du concours Miss Côte d’Ivoire, elle pare les plus belles créatures de la Côte d’Ivoire de sublimes atours. Son style ?  » J’aime créer des bijoux avec lesquels on peut jouer, que l’on peut adapter à ses envies et ses humeurs. Je n’aime pas les choses figées.  » Son souhait : créer un bijou éphémère. Le moins que l’on puisse dire de ses créations, c’est qu’elles sont flexibles et longues.  » La longueur permet de tout faire « , remarque-t-elle.

Une carrière internationale

Comment naît un bijou ?  » Je suis à ma table de travail, je fais des compositions, je les défais et je recommence. J’ai des choses dans la tête que j’ai envie de réaliser. Le résultat ne me satisfait pas toujours. Je laisse tomber et je m’y remets plus tard. Les couleurs, la forme des perles, les matières, tout est pour moi source d’inspiration. Alors, je peux mettre une journée ou plus pour réaliser un bijou.  » Cependant, Alexandra Duparc ne fait pas que des bijoux, elle confectionne également des objets de décoration comme des lampes encore des sacs. Pourquoi cette diversification ?  » Je ne conçois pas de faire tout le temps la même chose. Cela me permet de faire une pause. Mais je reviens tout le temps au bijou. Tout ça c’est de l’art !  »

Une façon pour cette boule d’énergie d’une trentaine d’années de revenir à sa formation initiale. Car de l’énergie, il en faut pour concilier vie de famille et vie professionnelle. Alexandra Duparc est mariée et maman de deux enfants. Comment arrive-t-elle à gérer ses amours ?  » C’est simple !  » explique-t-elle hilare.  » Tout est à la maison et la boutique est à cinq minutes de chez moi. J’ai tout sur place et à portée de main. » La créatrice affiche aussi son ambition. Si elle estime être reconnue dans son pays, la belle aspire à une carrière internationale. Peu connue en Afrique, elle veut s’exporter et des projets sont en cours en France ou encore aux Etats-Unis. Son rêve : voir ses bijoux sur les podiums parisiens. C’est bien tout le mal qu’on lui souhaite !

Découvrez quelques créations d’Alexandra Duparc.