Alerte à la famine en Erythrée et en Ethiopie

Menacée par la sécheresse et la guerre, la région risque de connaître une famine aussi terrible que celle des années 80. Dixit l’ONU.

Faute de bras et de fourrages, la corne de l’Afrique se meurt. Entre 12 et 16 millions de personnes sont menacés par la pire famine que risque de connaître le pays depuis quinze ans. Le Programme alimentaire mondial, dépendant de l’ONU, envoie dans la région l’américaine Catherine Bertini le 10 avril, pour évaluer l’aide internationale.

 » J’invite ceux qui sont en mesure de donner à donner et donner généreusement pour que nous puissions sauver des vies « , a déclaré à Rome, le 5 avril le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, ajoutant :  » Je pense que nous arriverons un peu tard « .

C’est précisément ce que reprochent les autorités éthiopiennes à la communauté internationale, accusant les pays riches d’attendre  » de voir les squelettes sur écran  » avant d’agir.

Responsables de cette nouvelle famine touchant l’Ethiopie, l’Erythrée, la Somalie et le Kenya : une sécheresse qui, au dire de l’UNICEF risque d’être aussi catastrophique que celles des années 84/85, ayant provoqué la mort d’environ 800 000 personnes. En cause aussi, le conflit fratricide qui oppose l’Ethiopie et l’Erythrée. Selon le PAM, 50 à 60% des familles ont à leur tête une femme.

60% de femmes

Ce pourcentage anormalement élevé provient du fait que les hommes sont à la guerre. Résultat : les troupeaux trépassent, bientôt suivis par les populations.

D’ores et déjà le PAM lance un appel de 11, 4 millions de dollars pour venir en aide à l’Erythrée. L’Europe, par l’intermédiaire de son commissaire chargé du développement, Poul Nielsen, a annoncé, le 4 avril au Caire, l’envoi de 800 000 tonnes de vivres à destination de l’Ethiopie.

Problème : Nielsen fait valoir que le conflit frontalier entre Erythrée et Ethiopie empêche d’utiliser le port de Massaoua, à quoi Addis-Abeba réplique que le passage de l’aide par ce port érythréen ne pose absolument aucun problème.

Gageons que l’émissaire européen serait amplement plus convaincu si Asmara offrait de telles assurances.