Alcools frelatés et aliments périmés : la chasse est ouverte

Depuis deux ans, la Direction départementale du commerce du Zou, au Bénin, a ouvert la chasse aux produits de mauvaise qualité. Vendredi 8 juin, elle a brûlé en public les fruits de sa récolte : alcools frelatés, produits alimentaires et pharmaceutiques périmés.

En 1999 à Abomey, un consommateur débouche deux bouteilles de Dubonnet (un apéritif français) qu’il vient d’acheter. Le goût est suspect et l’odeur répugnante. Comme le vendeur de la marchandise nie les faits, l’acheteur se plaint directement à la Direction départementale du commerce, de l’artisanat et du tourisme du Zou et des Collines.  » C’est à partir de cette date que nous avons décidé d’entrer en action et de lutter contre la consommation de produits frelatés. Tout le stock du vendeur de Dubonnet est passé à la trappe « , explique un fonctionnaire de la Direction départementale.

La raison : le non-respect des règles de qualité en vigueur. Depuis deux ans, les plaintes et les saisies sont le quotidien des agents de la Direction départementale qui traquent alcools frelatés, nourritures avariées et médicaments périmés.  » Nous sillonnons la région, nous inspectons les boutiques et les marchés et nous sommes particulièrement vigilants en ce qui concerne les alcools et les liqueurs.  »

Réseau nigérian

S’il y a fraude, la saisie est immédiate et automatique. La pêche est malheureusement assez bonne. Vendredi 8 juin, la Direction départementale a détruit publiquement mille bouteilles de boissons frelatées ainsi que des produits alimentaires et des produits pharmaceutiques périmés, qu’elle a confisqués sur les marchés de la région.

Les bouteilles de whisky ou de Saint-Raphaël contrefaites sont faciles à découvrir : la qualité n’y est pas et l’étiquette est fausse.  » Nous commençons à démanteler le réseau « , explique le fonctionnaire.  » Nous travaillons avec la gendarmerie et la police et nous avons déjà quelques pistes. Nous soupçonnons des Nigérians mais aussi des Béninois qui assurent la distribution des produits.  »

Intoxications et malaises

Pour l’instant, l’heure est à la sensibilisation de la population.  » Nous devons expliquer aux gens les dangers qu’ils courent.  » Car certains produits alimentaires – biscuits, lait, café, mayonnaise – sont aussi concernés : ils sont vendus moins cher à une population très pauvre qui prend ces prix pour une aubaine. Mais tout se paie :  » beaucoup sont intoxiqués, ont des malaises.  »

 » En ce qui concerne les produits pharmaceutiques, nous avons été horrifiés de saisir des boîtes dont la date de péremption était dépassée de plus d’un an. C’est un acte criminel car une grande partie de la population est analphabète et ne peut lire les dates « , se révolte le fonctionnaire. La lutte pour une meilleure consommation et une meilleure santé ne fait que commencer.