Alain de Pouzilhac aux commandes de RFI

Nommé par le conseil supérieur de l’audiovisuel, Alain de Pouzilhac, succède à Antoine Schwarz, à la tête de RFI. Poursuivant la réforme de l’Audiovisuel extérieur Français, initiée en début d’année et voulue par Nicolas Sarkozy, l’actuel Président directeur général de France 24, préside aussi la nouvelle holding qui regroupe désormais France 24, RFI et TV5 Monde. La passation de pouvoir s’est déroulée hier à la mi-journée, lors d’un cocktail à la maison de la radio. Christine Okrent, pressentie comme Directrice générale déléguée de la Holding tout comme de RFI, était présente à cette assemblée de bienvenue.

« C’est une magnifique radio qui se développe dans le multimédia et qui joue un rôle déterminant en Afrique Francophone et il est important d’amener ce regard français sur l’actualité internationale. Nous reconnaissons les talents et les compétences de RFI qui est une marque et nous allons consolider ses forces et combattre ses faiblesses…», a déclaré en substance Alain de Pouzilhac aux salariés de la Radio du Monde.

Un homme de communication

La nomination de l’ex publicitaire, marque la fin d’un processus amorcé en Janvier et qui visait à fusionner France 24, RFI et TV5 Monde pour gérer les participations de l’Etat dans ces trois chaînes francophones. Pour mettre fin aux inquiétudes, Alain de Pouzilhac a balayé les rumeurs de plan social, quand Antoine Schwarz exprimait le souhait de voir un service minimum assuré par RFI, en période de grève. Grèves qui ont été récurrentes ces derniers mois.

Communicant hors pair, Alain de Pouzilhac débute sa carrière chez Publicis en tant que chargé de clientèle. En 1976, il intègre le groupe Havas et très rapidement, il en gravit les échelons : directeur de clientèle, directeur général (1976), PDG d’ Havas Conseil France (1982). En 1996, il devient PDG d’ Havas Advertising, rebaptisé Havas en 2002 et remporte de nombreux trophées professionnels. Après sa démission du groupe en Juin 2005, il rebondit la même année en prenant la tête de la Chaîne française d’information internationale (CFII), chaîne d’info en continu, rebaptisée France 24, qu’il lance officiellement en décembre 2006.

Quelles réformes pour l’Antenne Afrique ?

Alain de Pouzilhac, appuyé sur Christine Okrent, épouse du Ministre des Affaires étrangères français, préside donc désormais aux destinées de Radio France Internationale. Quant au bassin Afrique, qui constitue l’audience principale de RFI, aucun changement majeur n’est prévu pour l’instant. Le dossier de la libération du journaliste Moussa Kaka reste une préoccupation pour le nouveau PDG de la radio mondiale, qui n’a pas manqué d’y faire allusion en première note : « Je vais m’en occuper avec le comité de soutien de RFI et les autorités du Niger, car on ne peut jamais être heureux quand on a un membre de sa famille qui est en prison… »

Par ailleurs, M. de Pouzilhac souhaite dynamiser la géopolitique de la ligne éditoriale et développer les langues à RFI, le formidable potentiel du multimédia et de la téléphonie mobile sur l’information, des axes que la nouvelle direction veut prendre en main rapidement. Christine Okrent a également proposé des ateliers de réflexion dans les jours à venir, autour des divers bassins d’audience de RFI, qui touche autour de 44 millions d’auditeurs aujourd’hui.

Les nouveaux défis

En attendant ces discussions, le nouveau PDG et sa directrice générale déléguée ont plutôt fait bonne impression. Reste qu’au cours des mois à venir, le travail de restructuration de la Radio, et la mise en oeuvre de sa mutation en direction de l’audiovisuel et du multimédia peuvent soulever à la fois enthousiasme et mobilisation, ouvrant des perspectives très différentes selon les métiers et les carrières.

La nouvelle équipe est désormais au pied du mur : il va falloir convaincre les 1100 salariés de RFI qu’ils ont tout à gagner à entrer dans cette nouvelle perspective de développement audiovisuel et multimédia, pour devenir les fers de lance de l’information internationale française, sur les ondes et sur Internet. Connaissant leur professionnalisme et leur passion d’informer, ces nouveaux défis devraient vite les mobiliser !