Air Mauritius en pleine tempête

Air Mauritius fait l’objet d’une enquête approfondie sur des cas de malversations financières. Son ancien PDG et sa femme ont été inculpés, accusés de piocher dans une caisse noire en Suisse.

Harry Tirvengadum, l’ancien directeur général d’Air Mauritius et son épouse, Elahe, ont été inculpés, accusés de piocher dans une caisse noire en Suisse. Harry Tirvengadum a été arrêté mardi dernier à la mi-journée et libéré sous caution après avoir versé 1,5 million de roupies (50 000 dollars), ainsi qu’une reconnaissance de dette de 5 millions de roupies (170 000 dollars). Il est accusé d’avoir détourné 85 millions de roupies (2,85 millions de dollars) lors de son exercice de 1984 à 1996.

Cette arrestation a fait suite à une semaine d’interrogatoires sur l’existence d’une caisse noire à Air Mauritius dont les fonds servaient au financement de politiciens et à l’émission de billets gratuits offerts à certaines personnalités du pays et à des journalistes. Elahe Tirvengadum, quant à elle, a été arrêtée mercredi, puis relâchée sous caution, après paiement d’une somme de 50 000 roupies et d’une reconnaissance de dette de 100 000 roupies. Elle est accusée d’avoir détourné 1,5 million de roupies au préjudice de la compagnie que dirigeait son époux.

Complice ou incompétent

Une somme qui aurait servi à acheter quatre voitures entre 1986 et 1994. Lady Tirvengadum a également avoué, lors de son interrogatoire, avoir eu recours à quatre reprises à ces fonds secrets pour financer les études de ses filles. Ces inculpations font suite aux confessions de Gérard Tyack, ancien manager (finance et administration) de la compagnie d’aviation nationale qui a également remis des preuves à la police.

Mais le scandale qui perturbe la compagnie aérienne mauricienne depuis le début du mois d’octobre n’en est pas encore à son dénouement. Harry Tirvengadum nie être au courant de l’existence de pensions souscrites à Genève et de fonds secrets à Air Mauritius. L’éditorialiste du quotidien Le Mauricien résume ainsi la situation :  » Si Sir Harry Tirvengadum admet que Gérard Tyack dit la vérité, il reconnaît qu’il a escroqué la compagnie dont il avait la charge. Si Sir Harry Tirvengadum maintient que Gérard Tyack ment, il avoue son manque de vigilance, son défaut de compétence, soit une escroquerie pendant vingt ans. Et ici, la nuance n’est pas permise. Soit vrai, soit faux. Soit complice, soit incompétent. Comme le poisson ou l’agneau après le décollage. On ne peut pas choisir les deux « . A suivre.