Aimé Césaire : Nègre, universel et révolté

Le CRAN rendra hommage à Aimé Césaire samedi prochain 19 avril à 17h place du Panthéon et le 10 mai lors de la commémoration du souvenir de l’esclavage et du 160ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage

Communiqué du CRAN

L’immense poète, le dramaturge, l’homme politique Aimé Césaire vient de
nous quitter.

Trois mots le définissent : Nègre, universel et révolté.
Césaire avait fait, non sans provocation, de la négritude un mouvement de résistance au racisme.

Universel, Césaire a réussi à lier avec génie les populations noires à un
universel dont on avait longtemps essayé de les exclure. Il a toujours
refusé d’évincer les intellectuels blancs du combat des Noirs des Antilles
ou d’Afrique.

Pour lui, l’identité noire était universelle et non synonyme de clivage
entre les hommes. C’est pourquoi certains penseurs blancs ont adhéré a sa pensée, à l’image de Jean-Paul Sartre qui déclarait : « La négritude est la négation de la négation de l’Homme noir ».

Césaire, qui disait « Nègre je suis, nègre je resterai », disait aussi «
ma race est celle de tous les opprimés ».

Césaire était un révolté. Révolté contre le colonialisme français,
notamment. Il avait, récemment, signifié son profond désaccord avec la
lettre de la loi du 23 février 2005 « reconnaissant le rôle positif de la
présence française outre-mer ».

Une délégation du CRAN avait rencontré Aimé Césaire le 5 juillet 2006 et
il avait accepté de nous accorder un soutien moral essentiel pour nous.
Chacun d’entre nous se souvient encore, avec émotion, de cette rencontre à laquelle nous devons tant.

Aujourd’hui, au moment où les hommages mérités affluent, nous pensons que reconnaître le mérite de Césaire de son vivant aurait été encore mieux que de l’honorer une fois mort.

Aimé Césaire, un des plus grands poètes de son temps, n’est pas allé à
l’Académie française. Il ne demandait rien. Mais il aurait été bien que de son vivant, il se trouvât, comme pour Marguerite Yourcenar, un académicien pour faire campagne afin qu’il siège parmi les Immortels.

L’Académie française, la langue française, la France en auraient été honorés.