Aibileen Clark, un rôle sur-mesure pour Viola Davis

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C’est un rôle qui aurait pu lui valoir l’Oscar de la meilleure actrice le 26 février dernier lors de la 84e édition de la grand-messe du cinéma. Dans La Couleur des sentiments de Tate Taylor, Viola Davis incarne Aibileen Clark, une domestique noire qui contribuera à faire connaître la condition de ses semblables dans l’Amérique ségrégationniste des années 60 grâce à un livre. Le film, nommé aux Oscars grâce à ses comédiennes, est sorti en DVD et Blu-ray ce mercredi. Viola Davis revient sur le personnage d’Aibileen Clark.

Depuis quelques années, le nom de Viola Davis s’est imposé à Hollywood, notamment depuis sa prestation dans Doute de John Patrick Shanley. Elle partageait l’affiche avec Meryl Streep qui lui a ravi, dimanche dernier, l’Oscar de la meilleure actrice. Viola Davis apparaît dans la comédie dramatique Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry, actuellement dans les salles françaises.

Un Oscar pour Octavia Spencer

octavia.jpgAux côtés Aibileen Clark (Viola Davis), Minny Jackson, incarné par Octavia Spencer, participe à l’aventure littéraire et humaine décrite dans La Couleur des sentiments de Tate Taylor. L’actrice américaine a obtenu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle dimanche dernier. Elle est la sixième comédienne afro-américaine à remporter la précieuse statuette toutes catégories confondues.

Comment êtes-vous préparée pour le rôle de Minny Jackson ?

Octavia Spencer :
En regardant le documentaire sur le mouvement des droits civiques, Eyes on the Prize. J’ai dit à Tate de s’assurer que toutes les personnes de moins de 40 ans voient ce documentaire car c’est une période qu’ils n’ont pas connue. C’est ce qui m’a permis d’appréhender la psychologie des gens en 1963. J’ai également déjeuné avec Myrlie Evers, la veuve du défunt Medgar Evers, un des leaders du mouvement des droits civiques. C’était surréaliste : c’était comme si j’étais capable de remonter le temps et de rencontrer une icône pour lui exprimer ma gratitude.

Qu’avez-vous fait d’autre pour aborder ce rôle (qui est aussi celui d’une femme battue) ?

Octavia Spencer:
J’ai travaillé avec un coach, Jamal McNeill. J’ai fait beaucoup de recherches sur les femmes maltraitées et battues, les conséquences psychologiques. […] J’ai relu le livre pour m’assurer que captais l’essence de Minny, et c’est là que Jamal est intervenu. Il m’a aidée à construire l’enfance de Minny et tous les éléments qui déterminent un individu.

Qu’avez-vous ressenti en tournant dans le Mississippi ?

Octavia Spencer :
J’ai grandi à Montgomery, dans l’Alabama, mais je n’y ai pas vécu depuis 17 ans. Ce tournage dans le Mississippi nous a permis de rendre authentique le personnage et ses pérégrinations. Cela m’a aussi aidée à ressentir l’émotion liée à cette période de lutte pour les droits civiques que je ne connaissais qu’à travers les livres. C’est une époque que je n’ai pas vécue. C’est une chose de la découvrir dans les livres, mais c’en est une autre de la recréer.

Parlez-nous de votre personnage dans La Couleur des sentiments ?

Viola Davis :
Aibileen est une domestique qui vit dans le Mississippi en 1962. Au moment où le film démarre, son enfant est mort quelques années plus tôt. Et elle aussi est comme morte à l’intérieur depuis. Aibileen ne voulait pas reprendre le travail mais finit par le faire par nécessité. Elle travaille pour Elizabeth Leefolt (Ahna O’Reilly). Elle s’occupe de sa fille, Mae Mobley qui a trois ans, et s’acquitte des tâches ménagères. Skeeter (Emma Stone), qui est une amie d’Elizabeth, lui propose d’écrire un livre sur la situation des domestiques noires au service des femmes blanches dans les années 1960. Aibileen consent à aider Skeeter au péril de sa vie. L’expérience va lui redonner goût à la vie.

Quand avez-vous entr’aperçu pour la première fois la possibilité de faire de La Couleur des sentiments un film ?

Viola Davis :
J’ai lu le livre et je voulais en acquérir les droits. J’ai appelé mon agent et lui ai demandé de se renseigner. Trois jours après, il m’a rappelé et m’a dit qu’un certain Tate Taylor avait déjà acheté les droits. Je savais bien évidemment qu’il n’y renoncerait pas d’autant qu’il comptait en faire un film (rires). Plus tard, j’ai organisé une fête de Noël et un ami commun était là. Il a crié à la cantonade : « Tate Taylor dirige un film intitulé La couleur des sentiments et il souhaite te proposer un rôle . Je lui ai alors demandé : « Quel rôle ? ». Il m’a dit : « Oh, le rôle principal ! ». Il a ensuite appelé Tate Taylor. Je suppose que c’était écrit.

Que s’est-il passé ensuite ? :

Viola Davis :
J’ai rencontré Tate. Je voulais savoir ce qu’il avait à dire et s’il allait rendre justice au roman. Je voulais également savoir s’il allait dépeindre ses femmes noires avec la même justesse que Kathryn Stockett. Je savais ce qui était en jeu et par conséquent la nécessité d’appréhender les choses en prenant certaines précautions.

Avait-il pensé à vous pour le rôle d’Aibileen depuis le début?

Viola Davis :
Oui !

Propos recueillis à l’occasion de la sortie de La Couleur des sentiments (The Help) de Tate Taylor en Blu-ray et DVD

Sortie française : 29 février 2012