Ahmed de Bourgogne est revenu

Le livre d’Azouz Begag Ahmed de Bourgogne dépasse le cadre du témoignage et du récit : c’est un hymne à la raison. Un plaidoyer contre l’injustice de la double peine, ces Algériens de France expulsés après avoir purgé leurs peines. Ahmed de Bourgogne se lit d’une seule traite. Un voyage au pays du courage.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est même une succession d’incompréhensions et d’injustices non réparées. Elle est aussi un combat personnel pour la dignité. En prêtant tout son talent à Ahmed Beneddif, l’auteur du Gone du Chaâba a redonné espoir et vie à un meurtri de l’injustice. Comment un petit délinquant lyonnais se retrouve expulsé vers l’Algérie, pays de ses parents ? Pays de ses parents, car le sien, c’est la Bourgogne. Après avoir purgé sa peine pour une sombre affaire de viol, Ahmed est débarqué à Annaba, ville située à l’est de l’Algérie, au nom de la double peine. Il n’est pas assez français pour avoir une seconde chance de refaire sa vie en Bourgogne. Son père, en proie au mythe du retour, n’a pas voulu faire les démarches administratives. Ahmed, lui, rêve de revenir en France pour voir Natacha, sa fille.

Dans la peau d’un Clandestin

Dix pays pour retrouver la Bourgogne natale. Ahmed a dû traverser illégalement dix pays, à commencer par l’Algérie. Etre Clandestin, sans-papiers, donne des boutons, des rougeurs. Ahmed s’est gratté toute sa vie pour enlever, apaiser, les douleurs causées par autrui. Il a décidé de prendre les rênes de son destin. Malheureusement, il n’avait aucune pièce d’identité et pas d’argent. Pourtant, il a franchi les frontières de la Slovénie, la Turquie, la Bulgarie, l’Algérie…au total, une dizaine de pays, dans le désordre. « Halte ! Stop ! » : la langue des douaniers et des policiers de tous les pays est identique. Ahmed a entendu de nombreuses fois ces ordres. Pourtant, il a décidé de continuer d’avancer. Toujours.

Il a un ange, il s’appelle Alain Dupré. Profession : curé. Ahmed a retrouvé sa Bourgogne et Dieu. Il s’appelle Karim, comme son frère, au casier judiciaire vierge. Il est devenu catholique. Karim est revenu d’un pays réel qui ne porte pas de nom, d’un pays créé par des bureaucrates. Il est revenu de la double peine. Combien d’Ahmed, de Bourgogne et d’ailleurs, y sont encore prisonniers ?

Merci Azouz Begag, Merci Ahmed Beneddif pour cette leçon de vie.

Commander le livre.