Agriculture: l’Afrique doit recourir aux capitaux étrangers

Janvier Nkurunziza, économiste en poste à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a invité hier à Dakar, les pays africains ayant des ressources financières limitées à recourir au marché mondial des capitaux pour développer leur secteur agricole.

Le contexte actuel marqué par la baisse de l’aide publique au développement, les subventions des Américains et des Européens à leurs agriculteurs, doit inciter les pays africains à recourir au marché mondial des capitaux pour financer l’agriculture. C’est en substance ce qu’a déclaré hier à Dakar, M. Nkurunziza qui s’exprimait lors du lancement du rapport de la CNUCED sur le développement de l’Afrique.

« Les pays africains qui ne bénéficient pas de la manne pétrolière peuvent recourir aux investissements directs étrangers, lever des fonds au marché mondial des capitaux afin de financer l’agriculture », a-t-il expliqué.

Hormis ces ressources, il existe beaucoup d’opportunités, a assuré M. Nkurunziza, donnant l’exemple « des fonds souverains arabes, des investisseurs asiatiques qui s’intéressent de plus en plus au secteur agricole en Afrique ».

Mettre l’accent sur la recherche et l’infrastructure agricole

Intitulé « le développement économique en Afrique : résultats à l’exportation après la libéralisation du commerce, quelques tendances et perspectives », le rapport suggère que les politiques sectorielles visant à accroître la production et la compétitivité dans les secteurs agricoles et manufacturiers devraient reposer sur l’augmentation de la productivité et la mise en place des infrastructures fiables.

Selon le document, cela passe notamment par une amélioration substantielle de la production d’électricité, de l’approvisionnement en eau et des systèmes de communication.

En effet souligne le rapport, la part des dépenses publiques consacrée à l’agriculture reste bien inférieure au montant de 10% que les Etats africains s’étaient engagés à verser pour l’année 2008 au titre du NEPAD.

Les auteurs du document observent que l’Afrique connaît actuellement une crise alimentaire du fait principalement de « la mauvaise orientation des politiques de développement mises en œuvre ces vingt- cinq dernières années ».

Ces politiques « ne mettaient pas suffisamment l’accent sur la recherche, l’infrastructure agricole, les services de vulgarisation et l’octroi de crédits aux agriculteurs », poursuivent-ils.

Conséquence, fait remarquer la CNUCED, l’Afrique a perdu la moitié de ses parts dans les exportations mondiales passant de 6% en 1980 à 3% en 2006.

Pendant ce temps, les résultats de la libéralisation du commerce en Afrique sont mitigés, avec seulement une augmentation du ratio importations/exportations de 11%, contre 50% pour les pays asiatiques entre 1995 et 2006.

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