Afrique : les hôtels Méridien font peau neuve

Hassan Ahdab, directeur général Afrique de l’Ouest et Océan Indien du Méridien, revient sur l’actualité du groupe hôtelier en Afrique. Un de ses hôtels au Nigeria vient d’être récompensé et les rénovations s’enchaînent, notamment aux Seychelles et au Sénégal. Côté développement, le groupe compte s’installer en Afrique du Sud et compléter ses destinations en Afrique du Nord.

Afrik.com : Un de vos hôtels au Nigeria vient de recevoir quatre prix d’un coup de la part de l’African Travel Quaterly, un organisme composé de professionnels du tourisme et de supports de la presse nigériane !

Hassan Ahdab :
Le Méridien Ogeyi Place, ouvert à Port Harcourt en 2003, a reçu le prix du meilleur manager d’hôtel international, pour la deuxième année consécutive, le prix du meilleur service, celui du meilleur hôtel dans le delta du Niger et du meilleur hôtel de sport et de loisirs à Port Harcourt. La remise des trophées se fera le 29 octobre prochain. C’est une reconnaissance qui veut dire : s’il y a un endroit où il est de bon ton d’inviter quelqu’un, c’est le Méridien !

Afrik.com : Autre actualité, le Méridien Barbarons, aux Seychelles, a fait peau neuve et a réouvert le 1er août dernier. Comment s’est passée cette rénovation ?

Hassan Ahdab :
C’est plus qu’une rénovation ! L’hôtel a été fermé d’octobre 2004 à août 2005. Il a été démoli et reconstruit. Nous avons juste gardé les murs des chambres, qui étaient en pierre de granit local. C’était important de garder ce cachet. Mais nous avons agrandi les chambres, changé le mobilier, donné une importance particulière aux salles de bains. Dans le hall, nous avons refait les toitures, le sol, revu l’agencement. Nous avons reconstruit deux restaurants, qui peuvent accueillir jusqu’à 2 ou 3 000 couverts ! Pour autant, la capacité utile est plutôt de 500 couverts car nous n’avons que 125 chambres. Nous prévoyons de futures extensions pour cet hôtel, avec une cinquantaine de chambres en plus, toujours dans le même style. Nous travaillons aussi sur le spa, qui devrait s’ouvrir dans les mois qui viennent.

Afrik.com : Vous avez confié la réfection à un architecte mauricien ?

Hassan Ahdab :
Oui, ça a été une belle aventure. Salim Currimjee est un jeune architecte, qui a beaucoup de goût et a su se montrer flexible par rapport à nos besoins et nos envies. Notre positionnement était : un 4 étoiles contemporain, moderne, pour les jeunes et les familles. Nous ciblons une clientèle de jeunes couples, mariés, avec un ou plusieurs enfants. Autre clientèle visée : les groupes de taille moyenne, de 80 personnes. C’est un hôtel magnifique qui peut être utilisé pour les groupes d’entreprise, pour motiver les employés !

Afrik.com : Avec cet hôtel aux Seychelles, vous vous êtes fondus dans l’environnement local. C’est toujours le cas ?

Hassan Ahdab :
La valeur la plus importante de la chaîne est le respect des cultures locales. Dans les uniformes de nos employés, comme dans le décor, vous trouverez toujours un rappel au cachet local et aucun de nos hôtels ne se ressemble. Côté nourriture, vous aurez toujours un buffet intégrant des plats locaux. En Egypte et au Maroc, il y a même des restaurants entièrement dévolus à la gastronomie des pays.

Afrik.com : Toujours aux Seychelles, en 2004, c’est le Méridien Fisherman’s Cove qui avait été rénové…

Hassan Ahdab :
Le Fisherman est un hôtel ancien et très connu dans la région car très haut de gamme. Pour qu’il reste toujours le meilleur hôtel des Seychelles, nous avions le devoir de le rénover. Il a été fermé pendant 9 mois et nous l’avons rouvert en juin 2004. Avec ces rénovations, nous souhaitons apporter des choses nouvelles et rajeunir notre présence sur place. Nous sommes installés aux Seychelles depuis 1985 !

Afrik.com : A Dakar aussi, vous donnez un coup de neuf !

Hassan Ahdab :
Dakar est notre plus ancienne implantation en Afrique. Le Méridien Président est en cours de rénovation. Pendant 6 à 8 mois, nous refaisons les quelques 360 chambres aile par aile, ce qui permet de ne pas fermer l’hôtel. Il devrait être flambant neuf mi-2006. Nous y accueillons une clientèle d’affaires, des groupes, des congrès car nous avons un immense amphithéâtre. Il y a aussi un peu de loisirs.

Afrik.com : Quels sont vos plus grands hôtels en Afrique ?

Hassan Ahdab :
Le Méridien Abuja, au Nigeria, avec 586 chambres, et Le Méridien Pyramides, au Caire, en Egypte, qui compte 500 chambres. C’est un très bel endroit, avec vue directe sur les pyramides ! On prévoit une extension de 150 chambres, dont l’ouverture, courant 2006-2007, correspondra à l’inauguration du nouveau musée du Caire, plus proche des pyramides et plus spacieux, pour accueillir le maximum de pièces d’archéologie !

Afrik.com : Combien d’hôtels Méridien comptez-vous sur le continent ?

Hassan Ahdab :
Pour le moment, nous possédons 30 hôtels mais nous passerons à 24 à la fin de l’année car nous quittons nos sept hôtels du Malawi, qui offraient, en tout, 500 chambres.

Afrik.com : Pourquoi ?

Hassan Ahdab :
Notre contrat arrive à terme et, d’un commun accord avec l’Etat, nous avons décidé de ne pas le reconduire. Les établissements étaient rentables, ils nous rapportaient 20 millions de dollars de chiffre d’affaires. Mais l’Etat du Malawi n’a pas respecté ses engagements. Depuis notre installation, il y a 5 ans, il devait mettre de l’argent pour assurer l’hygiène et la sécurité. Cela n’a pas été fait. Nous avons changé les portes des chambres froides qui ne fermaient plus, enlevé les fils électriques dénudés, ce genre de choses… Peu importe le pays, pourvu que nous puissions offrir à nos clients le confort minimum : la climatisation, l’électricité, la télévision, une bonne pression d’eau et de l’eau propre. Si l’on assure l’hygiène et la sécurité, on peut ouvrir un hôtel n’importe où, même sur la lune !

Afrik.com : Une situation politique ne vous a donc jamais empêché d’être présent dans un pays ?

Hassan Ahdab :
Nous ne fuyons pas. Jamais. Nous nous organisons juste en conséquence pour assurer la sécurité des personnes et des biens. A Brazzaville, pendant la guerre civile, Le Méridien était la seule chaîne hôtelière présente. On s’est occupé de nos employés sur place. Chaque employé du Méridien a fait un don à sa discrétion, parfois 1 ou 2 dollars seulement, pour les aider. Tout le monde a fait preuve de loyauté. Nous avons aussi un hôtel au Tchad, avec tous les aléas que cela entraîne. Ce n’a pas été évident au début, il était difficile de travailler, de trouver des financements. Mais je ne regrette pas et je suis aujourd’hui très fier de cet hôtel. Dans ce genre de pays, nous avons la chance d’avoir des directeurs généraux qui assurent !

Afrik.com : Quels sont les pays phare pour votre groupe ?

Hassan Ahdab :
Le Sénégal, le Nigeria, l’Egypte, Les Seychelles et Maurice. L’Afrique représente 10% du chiffre d’affaires total du groupe. Le Méridien est premier sur le très haut de gamme mais tout dépend des destinations. Nous avons des concurrents sérieux à Maurice, aux Seychelles et au Maroc, des pays très ouverts. Alors que sur d’autres destinations, nous sommes seuls…

Afrik.com : Quels sont vos projets ?

Hassan Ahdab :
Nous visons l’Afrique du Sud et l’Afrique du Nord. Nous avons signé un hôtel dans le parc Kruger et nous sommes en pourparlers pour un hôtel à l’aéroport de Johannesburg. Et avant la fin de l’année, nous aurons signé pour Alger, Tunis et Tripoli !

Afrik.com : Vos hôtels sont très luxe. Réfléchissez-vous à d’autres gammes ?

Hassan Ahdab :
Non, nous restons dans le très haut de gamme. Nous ne voulons pas changer de clients ! Ce sont des connaisseurs, de bons voyageurs, ils sont aisés. Nous souhaitons les protéger !

Afrik.com : Vous employez très peu d’expatriés. Etes-vous obligés de faire de la formation ?

Hassan Ahdab :
Les expatriés que nous employons sont des leaders et des formateurs. Nous formons sur place car il n’y a pas d’écoles hôtelières en Afrique. Le tourisme n’est pas prioritaire ! Seule l’Egypte est très avancée dans le domaine et possède une bonne école à Hurgada. Le Maroc s’en sort aussi. Notre politique est de recruter des jeunes qui sortent de l’école et ont donc un niveau d’éducation élevé, parlent souvent plusieurs langues et connaissent les technologies et les ordinateurs. Il est plus facile de les former et on voit très vite ceux qui veulent rester et faire ce métier.