Afrique du Sud : une bavure policière provoque la mort d’un mozambicain

Un jeune conducteur de taxi d’origine mozambicaine a perdu la vie mardi en Afrique du Sud après avoir été arrêté par la police sud-africaine. Sa mort tragique provoque une vive polémique dans un pays où les bavures policières deviennent de plus en plus fréquentes

Après le meurtre de Reeva Steenkamp par son amant Oscar Pistorius le 14 février dernier, l’Afrique du Sud vient de nouer avec une nouvelle tragédie. Le pays est à nouveau bouleversé par une autre affaire de meurtre. Un meurtre dont la banalité fait encore parler plus d’un.

Les faits se sont déroulés mardi à Daveyton, près de Johannesburg, la plus grande ville sud-africaine. Mardi soir, Mido Macia, taximan mozambicain avait, en fait, mal garé sa voiture. Une faute qui lui a la valu la mort.

Tuer pour avoir mal garé sa voiture

Il a été très vite encerclé par les forces de l’ordre, avant d’être menotté puis attaché au camion des policiers et traîné par terre. Transféré dans une cellule de commissariat de Johannesburg où il est placé en détention provisoire, le jeune taximan, âgé de vingt-sept ans, succombe à ses blessures.

Les images de cet incident, filmées par quelques médias locaux, suscitent une vive polémique. Jacob Zuma, le président sud-africain, s’est dit choqué. « Les images de cet incident sont horribles, indignes et inacceptables », a-t-il réagi. « Aucun être humain ne devrait être traité ainsi », a-t-il ajouté.

Une police mal formée

Les policiers mis en cause dans le meurtre du mozambicain ont déjà été mis à pied. Ils ont été arrêtés dans les locaux du commissariat de Johannesburg.

Cette nouvelle bavure policière pose encore le débat sur la brutalité de la police sud-africaine. Une police qui, selon certains, manque de formation et de méthodes. D’après Amnesty International, la police des polices sud-africaine a commis entre avril 2011 et mars 2012 plus de 712 bavures. Celles dont sont victimes les étrangers africains présents sur le territoire sont particulièrement récurrentes.

En Novembre 2009, 1.500 immigrants zimbabwéens avaient fui un Township rural à la suite de tensions concernant les emplois dans les fermes alentours. Les attaques de magasins appartenant aux étrangers, les menaces et les harcèlements policiers sont aussi très fréquents. Une violente émeute anti-étrangers avaient fait 62 morts en 2008. Et les incidents sporadiques n’ont pas cessé entre temps.