Afrique du Sud : un pas décisif dans la lutte contre le sida

Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé, dimanche, le lancement d’une campagne nationale de lutte contre le sida. Quinze millions de dépistages sont prévus d’ici 2011, et 1,5 million de personnes devraient bénéficier de traitements antirétroviraux. Au cours du lancement, le chef d’Etat a dévoilé publiquement qu’il était séronégatif afin d’ouvrir la voie. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché par le virus du sida au monde avec 5,7 million de personnes infectées.

Une première en Afrique du Sud. Dimanche 25 avril, le président du pays, Jacob Zuma, a annoncé la mise en place d’une campagne de lutte contre le VIH qui devrait s’étendre jusqu’à juin 2011. L’objectif sera de mobiliser et de sensibiliser la population au problème endémique du sida dans le pays.

Au cours de la campagne, il est prévu de dépister d’ici 2011, 15 millions d’individus. 1,5 millions de personnes recevront également des antirétroviraux. « Nous devons travailler encore plus durement.. pour faire comprendre à tous les Sud-africains que les personnes contaminées par le VIH/Sida n’ont pas commis de crime.. Il faut combattre l’ ignorance », a déclaré Jacob Zuma dimanche à Johannesburg.

Cette campagne permettrait de multiplier par 6 le nombre de dépistages, qui était de 2,5 millions en 2009. La distribution d’antirétroviraux sera multipliée par 1,5 (en 2009, 1 million de personnes avaient pu bénéficier du traitement).

Un véritable défi pour le pays

En Afrique du Sud, le coût des médicaments antirétroviraux est très élevé. En moyenne le prix est supérieur de 25 à 30 % par rapport à ceux disponibles à l’international. « Le coût moyen du traitement contre le VIH pour une personne en Afrique du Sud est de 539 dollars par an, alors que le prix négocié sur le marché international descend jusqu’à 296 dollars par an », précise Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, le programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida.

Le pays a longtemps refusé d’aborder de front le problème de la maladie. L’ancien président Thabo Mbeki était partisan d’une théorie selon laquelle le VIH n’entraînerait pas le sida. Il considérait que les médicaments, les antirétroviraux étaient en eux-mêmes plus dangereux que la maladie. Ce déni de la maladie, aurait coûté la vie, selon une étude scientifique de l’université d’Harvard, à 350 000 Sud-africains.

L’actuel président Jacob Zuma, arrivé au pouvoir en 2009, semble dorénavant décidé à faire entrer son pays dans une nouvelle ère, concernant le traitement du Sida. C’est pourtant lui, qui avait déclaré lors de son procès pour viol en 2006 qu’il s’était « douché après avoir fait l’amour pour minimiser les risques de contracter de la maladie ». L’année dernière, 450 millions de préservatifs avaient été distribués. Cette année, on est passé à 1,5 milliard.

L’Afrique du Sud est à ce jour le pays le plus gravement touché par le Sida au monde. Selon certaines estimations, il y aurait à l’heure actuelle, 5,7 millions de personnes (sur 49,32 millions d’habitants) atteints par la maladie, soit environ 18% des adultes sud-africains et un sixième de la population mondiale touchée.