Afrique du Sud : un an après la fusillade de Marikana, le feu couve

L’Afrique du Sud commémore, ce vendredi, la fusillade de Marikana qui a coûté la vie à 34 Sud-africains, le 16 août 2012. Cette fusillade avait également fait 78 blessés. Cette commémoration sera l’occasion pour les Sud-afrcains de rendre hommage aux victimes, malgré la tension qui reste vive entre les deux principaux syndicats des mines du pays.

Le drame de Marikana, survenu il y a un an jour pour jour, est commémoré ce vendredi par les Sud-africains. Le syndicat radical Amcu organise, avec les églises locales, une cérémonie afin de rendre hommage aux victimes et à leurs familles. Ce massacre avait provoqué un traumatisme au sein de la population. Celle-ci a donc tenu à rendre hommage aux victimes, en ce jour anniversaire de la catastrophe.

Rassemblement dans le calme

En dépit de la rivalité qui existe entre les deux principaux syndicats des mines du pays, la commémoration se fera dans le calme. La journée de commémoration sera ponctuée par des moments culturels et religieux. Ainsi, plusieurs centaines de personnes, à 10h00, ont commencé à se rassembler autour du lieu de la fusillade. Des mineurs portant des tee-shirts verts d’AMCU ( Association des mineurs et syndicaux dans la construction) chantaient, tandis que qu’une centaine de personnes étaient montées sur la colline, là où les victimes avaient l’habitude de se rassembler l’an dernier. Une minute de silence est prévue peu après 14h00, l’heure même où la fusillade s’est produite. Des chants, des poèmes, ainsi que des célébrations religieuses doivent rappeler, tout au long de la journée, la mémoire des victimes du massacre. Dans l’après-midi, le recueillement devait laisser la place à des interventions des représentants des mineurs et de la direction, et à un point sur les travaux de la commission d’enquête, qui n’ont toujours pas débouché, un an après.

Rivalités toujours vives entre NUM et AMCU

Les rivalités syndicales, à l’origine de la fusillade, ne font pas partie du passé. Plusieurs militants ont été tués à Marikana depuis un an. Ce lundi, une responsable d’AMCU a été abattue devant son domicile. Les tensions sont tellement vives entre les deux syndicats, que le NUM (l’Union Nationale des Mineurs), qui a perdu son statut de syndicat majoritaire au profit de l’AMCU, a décidé de boycotter les commémorations. « Les bonnes intentions du président d’AMCU sont salies par l’accord signé avec la direction, qui lui donne tous les pouvoirs, et par sa mainmise totale sur l’organisation de la cérémonie », a affirmé le NUM pour expliquer sa décision. Cette rivalité syndicale ne cesse d’endeuiller la région depuis un an, les assassinats, suicides et intimidations se succédant. A ces tensions syndicales s’ajoutent la défiance constante envers la police et l’absence de résultats des travaux de la commission d’enquête, lancée par le président pour faire la lumière sur le drame.

Le 16 août 2012, la police et l’armée ouvraient le feu sur les mineurs de Marikana qui faisaient un sit-in sur une colline. On leur reprochait « d’avoir organisé une grève illégale pour demander, entre autres revendications, une augmentation de salaire ». La police sud-africaine avait ouvert le feu sur la foule, provoquant le pire drame dans le pays, depuis la fin du régime ségrégationniste de l’apartheid, en 1994.