Afrique du Sud : Thuli Madonsela, la femme qui fait trembler jacob Zuma

Thuli Madonsela est la bête noire de Jacob Zuma depuis qu’elle a publié un rapport dans lequel elle révèle la manière dont le dirigeant sud-africain a pu rénover sa résidence privée, avec les fonds du contribuable. Face aux multiples tentatives d’intimidations, Thuli Madonsela ne baisse pas les bras et continue de réclamer des explications au dirigeant sud-africain.

Depuis qu’elle a engagé un implacable bras-de-fer contre le Président Jacob Zuma, la médiatrice sud-africaine Thuli Madonsela est devenue la bête noire de l’ANC. C’est cette femme, âgée de 51 ans, qui a bousculé le pouvoir sud-africain afin que son dirigeant rende des comptes à propos du montant de 24 millions de dollars pour la rénovation de sa résidence privée, aux frais du contribuable.

Thuli Madonsela, seule contre tous

Elle s’est en effet attiré les foudres du gouvernement, du Parlement et de l’ANC depuis qu’elle a dénoncé ce scandale, dans un rapport explosif paru en mars. Décrite comme une « Public Protector », cette mère de deux enfants dirige les services de médiateur, chargés notamment d’enquêter sur « les plaintes déposées contre les agences ou responsables du gouvernement » en matière de droits de l’homme, de corruption, d’abus de biens sociaux, etc. Bien qu’elle ne dispose de pouvoir coercitif, elle a sommé le chef de l’Etat de rembourser l’argent du contribuable.

Bien que traînée dans la boue par ses détracteurs, elle tient tête et a saisi en août le Parlement et a demandé à Zuma d’expliquer pourquoi il ne rembourse pas. Ce qui a donné des idées à un groupe de députés populistes qui a été à l’origine de l’évacuation de l’hémicycle après avoir scandé : « Rends l’argent, rends l’argent ». Cet incident à poussé l’ANC à accuser Thuli Madonsela d’avoir « en permanence l’intention de discréditer le parti et ses dirigeants ».

Madonsela, le calme incarné

Les menaces de l’ANC ne semble pas l’inquiéter. D’ailleurs, ce jeudi lors d’une conférence de presser, elle a déclaré, d’un ton calme et posé : « Même si le parlement n’est pas content, l’hystérie et traîner les gens dans la boue ne sont pas les bonnes méthodes ».

Surnommée la « Dame de fer africaine », Thuli Madonsela, qui a pourtant une voix d’une étonnante douceur, est née dans une famille modeste du township de Soweto, aux portes de Johannesburg, à l’époque de l’apartheid. Elle a d’ailleurs participé, à son niveau, à l’élaboration de la très libérale Constitution post-apartheid, en tant que conseillère technique du comité de rédaction.

Son courage est désormais connu au-delà des frontières sud-africaines. « Thuli Madonsela est un exemple et une source d’inspiration pour ce que doivent être les hauts fonctionnaires en Afrique. Sa capacité à dire la vérité au pouvoir et à s’attaquer à la corruption au plus haut niveau est hors du commun », a indiqué l’ex-gouverneur de la banque centrale nigériane Lamido Sanusi. Le magazine Times l’a même classée, cette année, dans sa liste des 100 personnalités les plus influentes dans le monde.