Afrique du Sud : ouverture d’une enquête contre la chef de la police Riah Phiyega

Une enquête a été ouverte contre la chef de la police sud-africaine, Riah Phiyega. Elle est accusée d’avoir divulgué des informations confidentielles à l’un de ses commissaires soupçonné d’entretenir des relations avec un trafiquant de drogue, alors qu’une enquête à ce sujet est en cours.

Une enquête a été ouverte contre Mangwashi Victoria « Riah » Phiyega, chef de la police sud-africaine. Cette dernière est soupçonnée d’avoir informé un commissaire qu’il allait faire l’objet d’une enquête pour ses relations présumées avec un trafiquant de drogue. Est-elle complice ou cherchait-elle simplement à protéger ses subordonnés ? C’est ce que l’enquête devrait permettre de savoir.

Elle sera menée par l’IPID, la police des polices en Afrique du Sud. « L’IPID va mener une investigation indépendante, et impartiale et nous espérons obtenir la nécessaire coopération de toutes les parties afin de conclure cette enquête », a indiqué Koekie Mbeki, directrice par intérim de l’IPID, citée dans un communiqué.

Un enquêteur a été désigné pour en savoir davantage sur les motivations qui ont entraîné Riah Phiyega à divulguer des informations confidentielles. Mme Mbeki espère que l’enquête n’excèdera pas trois mois.

La déception

La nomination de Riah Phiyega, en juin 2012, sonnait comme un renouveau dans le paysage policier en Afrique du Sud. Sa nomination faisait suite à un remaniement ministériel décidé par le Président Jacob Zuma qui entendait redorer le blason de la police sud-africaine. Le prédécesseur de Phiyega, Bheki Cele, avait été limogé, car soupçonné de corruption. Lui-même avait été nommé en remplacement de Jackie Selebi, ancien président d’Interpol et condamné pour corruption.

L’espoir d’une rigueur était alors envisageable à la tête de la police sud-africaine lorsque l’on sait que Riah Phiyega débarquait droit d’un organisme de contrôle public. Elle présidait en effet l’autorité de surveillance des entreprises publiques. D’autant plus que la confiance accordée par les Sud-Africains en leurs policiers (près de 198 000 hommes) n’est pas au top de sa forme, notamment en raison des bavures régulières. Le plus grave remonte à août 2012, lorsque 34 mineurs en grève ont été abattus.

Selon les experts, la corruption et l’inexpérience des dirigeants de la police est la raison de toutes ces dérives. Riah Phiyega confirmera-t-elle la donne ? La réponse dans moins de trois mois…