
Le gouvernement sud-africain entend passer au crible plus de 350 000 allocations sociales au cours de l’exercice budgétaire 2026-2027. Pretoria veut s’assurer que seules les personnes éligibles continuent de bénéficier de ces aides, lutter contre la fraude et réaliser une économie estimée à 1,5 milliard de rands.
L’Afrique du Sud s’apprête à engager une nouvelle phase de contrôle de son système d’aides sociales. Lors d’un point de presse tenu mardi 21 juillet, la ministre du Développement social, Dina Pule, a annoncé que plus de 350 000 allocations feront l’objet d’une révision au cours de l’exercice financier 2026-2027.
Cette opération, selon la ministre, s’inscrit dans le cadre des dispositions de la loi sur l’assistance sociale, qui impose à la South African Social Security Agency (SASSA) de vérifier régulièrement que les bénéficiaires remplissent toujours les conditions requises pour percevoir une allocation. Les bénéficiaires sont également tenus de signaler tout changement de leur situation financière ou familiale.
« Les révisions des aides sociales permettent de s’assurer que la bonne allocation est versée à la bonne personne, au bon moment », a expliqué la ministre.
Selon Dina Pule, cette campagne devrait permettre d’économiser environ 1,5 milliard de rands, des ressources qui pourront être réaffectées à d’autres priorités gouvernementales.
Lutter contre la fraude et les paiements indus
Les autorités sud-africaines estiment que le système de protection sociale est désormais suffisamment interconnecté avec d’autres administrations et institutions financières pour détecter plus efficacement les irrégularités.
Au cours de l’exercice 2025-2026, les mécanismes de vérification des données ont identifié plus de 420 000 dossiers qui nécessitent une révision. Parmi eux, plus de 240 000 ont été effectivement examinés, tandis qu’environ 160 000 bénéficiaires ne se sont pas présentés pour les contrôles requis.
Pour le gouvernement, ces vérifications constituent un outil essentiel dans la lutte contre les fraudes, les usurpations d’identité, les doubles déclarations et les paiements injustifiés qui fragilisent la crédibilité du système.
Modernisation des services de la SASSA
Au-delà des contrôles, Pretoria souhaite également améliorer l’accès aux services sociaux. La ministre a reconnu les difficultés rencontrées par de nombreux bénéficiaires, contraints de patienter pendant de longues heures devant les bureaux de la SASSA.
Afin de réduire ces files d’attente, plusieurs mesures ont été annoncées. Plus de 1 000 agents contractuels seront recrutés à travers le pays pour renforcer les équipes chargées du traitement des demandes et des révisions des allocations. Les horaires d’ouverture des agences seront également élargis.
Parallèlement, le gouvernement accélère la numérisation des services. Les bénéficiaires pourront effectuer davantage de démarches via les plateformes en ligne de la SASSA, une application mobile ou encore WhatsApp.
Le programme de vérification biométrique, désormais connecté en temps réel aux bases de données du ministère de l’Intérieur, sera également renforcé afin de limiter les fraudes liées à l’identité.
Autre innovation, l’extension du dispositif d’e-Life Certification, qui permet aux bénéficiaires de confirmer leur éligibilité à distance grâce à des procédures numériques sécurisées. Cette solution vise notamment les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap ainsi que les habitants des zones rurales, pour lesquels les déplacements vers les bureaux de la SASSA demeurent difficiles.
De 2,7 millions en 1994 à près de 19 millions de bénéficiaires en 2026
La ministre a insisté sur le rôle central des aides sociales dans la lutte contre la pauvreté. Selon elle, ces prestations constituent un soutien vital pour des millions de ménages sud-africains, qu’il s’agisse d’enfants, de personnes âgées ou de jeunes confrontés au chômage.
Depuis la fin de l’apartheid, le programme d’assistance sociale s’est considérablement développé. Le nombre de bénéficiaires est passé d’environ 2,7 millions en 1994 à près de 19 millions aujourd’hui, faisant de ce dispositif l’un des principaux instruments de protection sociale du pays.




