Afrique du Sud : le diamantaire De Beers bousculé en Russie

Le nouveau ministre russe en charge des mines exige que la compagnie sud-africaine investisse plus lourdement dans le pays. Ses intentions sont peu claires.

Célébré pour sa limpidité, le diamant est aussi une industrie on ne peut plus trouble. Le dernier numéro de la revue israélienne spécialisée Rapaport Diamond Report se fait ainsi l’écho d’un curieux chantage du gouvernement russe envers la compagnie diamantaire sud-africaine De Beers.

Valery Roudakov, le nouveau vice-ministre des Finances en charge de l’extraction des diamants et des métaux précieux, a annoncé officieusement à la de Beers qu’elle perdrait ses investissements actuels en Russie – à hauteur de 25 millions de dollars – si elle ne s’engageait pas à dépenser immédiatement beaucoup plus d’argent dans le pays. Un responsable de la société a confirmé l’information au Business Day de Pretoria.

Qui est vraiment Roudakov ?

Le ministre est -il conduit par sa ferveur nationaliste, ou bien sert-il les intérêts de tel ou tel magnat russe du diamant ? Dans la même interview à la lettre israélienne, Roudakov a expliqué qu’il déciderait quelles pierres seraient réservées à l’industrie russe de taille et de polissage, et lesquelles pourraient être abandonnées à  » l’étranger « .

Il a enfin déclaré qu’à son avis, aucun investissement extérieur ne devrait être autorisé dans les mines de diamants nationales. Mais au cours d’entretiens avec une délégation israélienne, Roudakov a laissé entendre qu’une campagne visant à éliminer les intérêts sud-africains en Russie servirait leurs intérêts…

Ce n’est peut-être pas un détail : Valery Roudakov est chercheur de diamants de profession. Il dirigeait le monopole de l’extraction à l’époque soviétique, avant d’être embauché par une entreprise privée en Allemagne.