Afrique du Sud : le chômage atteint son niveau record

Le chômage en Afrique du Sud ne cesse d’augmenter, au point d’atteindre cette année son plus haut niveau depuis cinq ans, alors que la première économie africaine ralentit. A quoi cela est-il dû ?

Environ 4,7 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans n’avaient pas d’emploi au deuxième trimestre de 2013, par rapport à 4,6 millions de personnes au premier trimestre, a annoncé ce mardi, le bureau de statistique de l’Afrique du Sud (Stats SA). Le chômage est en nette augmentation dans le pays. Ce taux est le plus élevé depuis 2008, année pendant laquelle le Bureau de statistiques de l’Afrique du Sud a lancé son enquête auprès de la population active. Qu’est-ce qui explique ce fort taux de chômage ?

Des chiffres faussés

Le pays comptait au deuxième trimestre 4,7 millions de demandeurs d’emploi, un chiffre en hausse de 2,6% sur le trimestre précédent et de 5,7% par rapport au même trimestre de 2012, a précisé l’institut national Statistics South Africa dans son enquête trimestrielle sur la population active. Ces chiffres ne rendent que partiellement compte de la réalité, car de nombreux Sud-africains ont renoncé à chercher du travail et ne sont plus comptés dans la population active. Le nombre de personnes découragées a de nouveau augmenté d’avril à juin, pour atteindre 2,4 millions, a précisé Statistics South Africa. En additionnant les chômeurs et ceux qui ont renoncé à chercher un emploi, l’Afrique du Sud compte 7 millions de personnes sans travail.

Environnement économique difficile

L’économie en Afrique du Sud se porte mal, les entreprises subissent des pressions de par leurs salariés, la faible croissance de l’économie locale. Ainsi les entreprises, font face à de fortes exigences salariales du personnel, lui-même touché par l’inflation générée par la faiblesse du rand et le renchérissement de la facture pétrolière. L’économie locale a du mal à prendre de l’élan. Le spécialiste du travail Daniel Silke a mis en cause la «paralysie politique» du gouvernement de l’ANC et de son partenaire syndical Cosatu, avant les élections générales de 2014. « Les chiffres du chômage reflètent l’incapacité de l’ANC à définir une politique claire et à associer ses partenaires de l’alliance (Cosatu et Parti communiste) dans un effort concerté pour créer des emplois », a-t-il déclaré à l’AFP. Il note en particulier des licenciements dans l’agriculture où les salaires minimums viennent d’être fortement augmentés (mais le nombre d’emplois y est en hausse de 11% sur un an) et parmi les domestiques, remerciés en masse par des foyers forcés de faire des économies. Face aux moments difficiles, les ménages privés et l’agriculture ont connu une diminution de l’emploi au deuxième trimestre.

Une situation toutefois très inquiétante. Et la question qui taraude les esprits est de savoir si le chômage va continuer d’augmenter ou alors le gouvernement va trouver une solution afin de le résorber.