Afrique du Sud : l’ANC rejette les soupçons d’ingérence russe dans ses élections


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Cyril Ramaphose, Président d'Afrique du Sud
Cyril Ramaphose, Président d'Afrique du Sud

Une enquête internationale relance les tensions politiques en Afrique du Sud. Des journalistes affirment que des structures liées à la Russie auraient soutenu les campagnes de l’ANC. Le parti au pouvoir dément fermement toute influence étrangère sur ses processus électoraux.

Le climat politique sud-africain s’est brusquement tendu après la publication d’une enquête du collectif Forbidden Stories. Intitulée « Propaganda Machine », elle évoque un soutien présumé de structures liées à la Russie aux campagnes du Congrès national africain lors de récents scrutins. L’ANC a rapidement rejeté ces accusations, assurant n’avoir bénéficié d’aucune aide extérieure.

Les révélations troublantes du dossier « Propaganda Machine »

L’enquête, coordonnée par un réseau mondial de médias incluant RFI, s’appuie sur une fuite massive de documents internes provenant d’une entité nommée Africa Politology. Ce cabinet de communication et d’influence, initialement fondé par Evgueni Prigojine avant d’être intégré aux services de renseignement russes, aurait élaboré des stratégies précises pour appuyer l’ANC. Selon les journalistes, des fichiers détaillent des plans d’action opérationnels visant à influencer l’opinion publique en Afrique du Sud, mais aussi en Namibie, au cours de l’année 2024. Les documents mentionnent explicitement des rencontres et un « plan de travail » impliquant des figures de haut rang du parti.

Un démenti catégorique sur le financement et la stratégie

Face à ces accusations, l’état-major de l’ANC a choisi une ligne de défense frontale. Dans son communiqué, la formation politique assure n’avoir bénéficié d’aucun financement étranger, qu’il soit direct ou indirect, pour alimenter ses campagnes électorales. Le parti nie également toute forme de collaboration ou d’interaction avec des services de renseignement étrangers. Pour l’ANC, les conclusions des enquêteurs sont entièrement infondées et dénuées de preuves tangibles, malgré la mise en circulation par le consortium de plusieurs notes de service et échanges électroniques censés prouver la connexion entre Pretoria et Moscou.

Le secrétaire général au cœur de la tourmente

L’un des points les plus sensibles de l’enquête concerne Fikile Mbalula, le secrétaire général de l’ANC. Les documents divulgués évoquent des rendez-vous spécifiques et une coordination stratégique avec des consultants russes. Le parti au pouvoir balaie ces éléments d’un revers de main, les qualifiant de « prétendues divulgations » destinées à nuire à son image. En dénonçant une campagne de désinformation orchestrée pour saper sa crédibilité, l’ANC tente de resserrer les rangs alors que le débat sur la souveraineté numérique et démocratique prend une ampleur inédite sur le continent africain.

Une méfiance croissante envers les influences étrangères

Cette affaire témoigne de la montée des tensions autour de la présence des agences d’influence étrangères dans les démocraties africaines. Alors que Forbidden Stories maintient la véracité de ses sources internes, l’ANC persiste à présenter l’Afrique du Sud comme une nation dont les processus électoraux restent imperméables aux pressions géopolitiques. Ce bras de fer entre journalistes d’investigation et pouvoir politique souligne la difficulté croissante de tracer la frontière entre coopération diplomatique légitime et opérations d’influence clandestines dans un monde de plus en plus polarisé.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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