Afrique du Sud : Guérisseurs traditionnels et dépistage du VIH


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Vih-Sida (17 nov 21)
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En Afrique du Sud, une initiative novatrice vise à impliquer les guérisseurs traditionnels dans la lutte contre le VIH. Cette approche inédite pourrait transformer le paysage de la santé publique en Afrique, où la stigmatisation et la réticence à se faire dépister restent des obstacles majeurs.

Le pays, qui détient l’un des taux de séropositivité les plus élevés au monde, cherche des solutions innovantes pour endiguer l’épidémie.

Une formation innovante pour les guérisseurs traditionnels

L’initiative, lancée par l’université de Witwatersrand à Johannesburg, a débuté dans la ville de Bushbuckridge. Quinze guérisseurs traditionnels participent actuellement à une étude pilote où ils ont été formés au dépistage du VIH et au conseil. L’objectif est double : encourager un plus grand nombre de Sud-Africains à connaître leur statut sérologique et intégrer les pratiques traditionnelles dans les efforts de santé publique. « Dès le départ, nous commençons par notre travail de consultation traditionnelle. Ensuite, j’explique le dépistage du VIH. Nombreux sont ceux qui ne croient pas vraiment que nous puissions faire ce genre de choses, parce que c’est inhabituel. » explique Shadrack Mashabane, un guérisseur traditionnel.

Lutter contre la stigmatisation et améliorer l’accès au dépistage

Le programme vise également à combattre la stigmatisation associée au dépistage du VIH. En Afrique du Sud, de nombreuses personnes hésitent à se rendre dans les cliniques pour se faire dépister, par crainte de jugement ou de discrimination. En intégrant le dépistage dans les consultations des guérisseurs traditionnels, les autorités espèrent créer un environnement plus accueillant et accessible. Wonderful Mabuza, chercheur à l’Université de Witwatersrand affirme que le projet est l’étape de test :  « Nous voulions évaluer si nous pouvions former les guérisseurs traditionnels au dépistage du VIH ou si les clients qui vont chez les guérisseurs traditionnels seraient capables d’accepter le dépistage du VIH s’il était effectué par le guérisseur traditionnel. »

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Un impact potentiel sur la santé publique

Cette approche pourrait avoir un impact significatif, étant donné que l’Afrique du Sud a l’un des taux de séropositivité les plus élevés au monde. Le programme pourrait être étendu avec la formation de 325 autres guérisseurs traditionnels d’ici la fin de l’année, devenant ainsi des conseillers certifiés en matière de VIH. Florence Khoza, guérisseuse traditionnelle participant à l’étude, a exprimé son enthousiasme : « Je suis maintenant enthousiaste lorsque je travaille avec une personne séropositive, je m’assure que le traitement est pris correctement pour qu’elle puisse vivre. »

Vers une collaboration entre médecine traditionnelle et moderne

L’un des objectifs clés de l’étude est de créer une synergie entre les guérisseurs traditionnels et les cliniques. En collaborant, ils peuvent offrir aux patients un suivi plus complet qui combine les avantages des deux approches médicales. « Le but est de créer un environnement dans lequel les guérisseurs traditionnels et le personnel de la clinique travailleraient ensemble.  », a confié Wonderful Mabuza au média Daily News.

Les chercheurs de l’université compareront les taux de dépistage du VIH pour déterminer si les guérisseurs traditionnels peuvent vraiment faire une différence en termes d’acceptation et de dépistage.

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