Afrique du Sud : exclue du testament de Mandela, Winnie enclenche une action en justice

L’ex-épouse de Nelson Mandela, Winnie, a enclenché une procédure judiciaire pour protester contre le testament de Nelson Mandela, dont elle est exclue.

L’ex-épouse de Nelson Mandela, Winnie, ne cache pas sa colère. Elle a engagé une procédure en justice pour contester le testament de son ex-mari et réclamer la maison de famille de Qunu, dans le sud-est, village où le héros de la lutte anti-apartheid a passé son enfance et une partie de ses vieux jours. Agée de 78 ans, elle souhaite que cette maison, qui a été léguée à la veuve de Nelson Mandela Graça Machel, lui revienne, assurant qu’elle a été achetée en 1989 à son nom lorsque le couple était encore marié et Nelson Mandela pas encore libéré.

Décédé à l’age de 95 ans, en décembre 2013, dans ses dernières volontés, le héros sud-africain a légué cette maison, qui s’est agrandie au fil du temps, à sa famille et à sa veuve Graça Machel. Dans son testament, il a laissé ses biens à sa veuve Graça, ses enfants et petits-enfants, ses proches et anciens collaborateurs, des écoles et l’ANC, son parti politique. Il n’a rien laissé à Winnie qui vit la plupart du temps à Soweto, près de Johannesburg.

« J’ai créé mon propre héritage »

Dans une interview parue mardi, publiée par le Times et le Sowetan, l’ex-deuxième épouse de Nelson Mandela a déploré que l’ancien Président sud-africain ne soit plus là pour trancher la querelle l’opposant aux autres héritiers sur la maison de famille de Qunu. « C’est tellement dommage qu’il ne soit plus là pour que je puisse lui demander ce qui diable l’a poussé à choisir de donner ma terre et de la léguer à quelqu’un qui, en réalité, possède tout un tas de choses au Mozambique, car elle a ses quatre maisons » là-bas, a déclaré Winnie, visant Graça Machel, la veuve de l’ancien Président. Graça Machel, auparavant épouse du Président mozambicain Samora Machel, mort en 1986, a été épousée en troisième noce par Nelson Mandela, en 1998.

« Cette propriété est la mienne et je l’ai acquise quand le vieil homme était à Robben Island (le bagne où Mandela a été incarcéré sous l’apartheid, près du Cap, ndlr), et c’est indiscutable », a ajouté Winnie dans l’interview. Elle affirme n’avoir aucun regret d’avoir divorcé de Mandela, en 1996. Selon elle, « c’était bien. Je n’ai jamais eu même en rêve un seul moment de ressentiment. C’était une forme de bénédiction, car j’ai continué à être moi-même. Je n’ai jamais été dans l’ombre du vieil homme. J’ai créé mon propre héritage ».