African diaspora marketplace pour le partenariat en Afrique

Usaid, Western Union et la banque panafricaine ont lancé lundi la deuxième édition d’African diaspora Market place. Ce programme créé en juin 2009, vise à encourager l’esprit d’entreprise en Afrique. Il s’adresse aux émigrés d’origine sub-saharienne vivants aux États-Unis et qui souhaitent monter une entreprise dans leur pays d’origine. Les intéressés, qui s’inscrivent au concours, doivent rivaliser d’ingéniosité pour espérer que leur projet soit sélectionné par un comité. Les lauréats se voient offrir une subvention d’un montant de plus de 100 000 dollars. Entretien avec Aida Diarra, vice-présidente de Western Union chargée de l’Afrique centrale, de l’ouest et du nord.

Afrik.com : Quelle est la particularité de cette deuxième édition de l’African diaspora market place ?

Aida Diarra :
L’idée de cette deuxième édition du programme African diaspora market place est de pouvoir capitaliser sur l’expertise de la diaspora africaine basée aux Etats-Unis pour mettre en marche des projets qui permettraient de contribuer au développement économique de l’Afrique. La question est de savoir comment profiter des ressources de la diaspora et de ses compétences pour créer des entreprises et réduire la pauvreté en Afrique. La première version a été très enrichissante. Les participants ont été très nombreux, ils étaient plus de 700. Nous avons tiré d’ailleurs beaucoup de leçons de la première édition pour améliorer la deuxième. Premièrement, nous avons constaté que les lauréats avaient besoin d’outils de formation pour mettre en place leurs projets en Afrique. Pour les soutenir, nous avons mis en place des séances de travail dans différentes villes aux Etats-Unis. Nous avons sélectionné les villes qui concentrent une forte diaspora africaine. La deuxième priorité que nous avons prise en compte c’est l’étude technique de la mouture du projet. Cet élément est même plus important que l’aspect financier.

Afrik.com : Sur quels critères choisissez-vous les lauréats ?

Aida Diarra :
La mise en compétition des candidats est relativement large. Nous privilégions des candidats qui proposent des projets dans les secteurs des nouvelles technologies, de la communication, ou de l’agriculture. Les candidats sont d’abord sélectionnés par différents intervenants et partenaires du programme. Puis les finalistes sont conviés à une cérémonie présentée par un panel spécialiste qui étudie leur projet. Plusieurs critères leur sont imposés pour que leur projet soit validé. Nous étudions la solidité du projet, ses effets positifs dans le temps et s’il génère des emplois. Les lauréats seront au nombre de 15 à 30 environ et bénéficieront de 115 0000 dollars.

La sélection se fera sur la qualité de leur projet. C’est une véritable mise en compétition de gens talentueux, qui prônent de bonnes idées pour développer l’Afrique.

L’african diaspora marketplace s’intéresse pour le moment uniquement à la diaspora africaine vivant aux Etats-Unis. Comptez-vous étendre le concept pour la diaspora africaine en Europe ou ailleurs ?

Aida Diarra :
Notre objectif est de continuer à accumuler des enseignements sur ce programme à travers la diaspora africaine vivant aux Etats-Unis. Mais nous étudions aussi les possibilités d’élargir le programme à la diaspora africaine présente en dehors des Etats-Unis.

Afrik.com : A l’avenir est ce que vous comptez également élargir ce projet de telle sorte que les Africains vivant en Afrique et qui souhaitent entreprendre puissent participer au concours pour bénéficier d’une subvention ?

Aida Diarra :
Les Africains vivant en Afrique sont déjà inclus dans le programme. L’african diaspora marketplace met en relation les entrepreneurs de la diaspora avec ceux vivant en Afrique subsaharienne. L’objectif c’est qu’il y ait un véritable partenariat local entre eux. D’ailleurs, les candidats doivent garantir ce partenariat sinon leur projet n’est pas sélectionné.

Afrik.com : Avez-vous des retombées positives concernant les projets qui ont été réalisés en Afrique suite à la première édition ?

Aida Diarra :
Bien sur. C’est d’ailleurs ces retombées positives qui nous ont donné l’envie de continuer. Par exemple, un lauréat a créé une société qui a lancé un système fonctionnant avec sms qui permet de vérifier l’authenticité des médicaments. Ce qui permet de lutter contre la contrefaçon, qui est un véritable fléau au Nigeria. Il y a encore bien d’autres projets qui fonctionnent bien et permettent le développement de l’Afrique.

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