AfricaMap vole au secours des humanitaires

De nombreuses régions d’Afrique sont mal cartographiées. Les données sont dépassées et mettent en difficulté les humanitaires présents sur le terrain lors d’une catastrophe ou en temps de guerre. Lancé il y a un an, le projet AfricaMap, en cours de faisabilité, devrait leur venir en aide grâce à une interface permettant l’annotation et la mise à jour des données cartographiques, en faisant appel aux ressources volontaires des internautes.

Alors que les intempéries se succèdent en Afrique provoquant la mort de nombreuses personnes sur leur passage, des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) planchent sur la mise à jour de données cartographiques dans plusieurs régions du continent. Un projet mené en collaboration avec le programme de l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR) qui pourrait améliorer le travail des humanitaires chargés d’intervenir sur le terrain en cas de catastrophe naturelle. « Il s’agit d’aider au mieux la population locale, de prendre les bonnes décisions au bon moment avec un maximum d’informations », explique le professeur de la Faculté des sciences de Genève, Bastien Chopard. AfricaMap devrait combler les lacunes des cartes existantes via Google Earth qui sont souvent désuètes, surtout pour les régions rurales. A l’aide d’un portable de type Iphone, des volontaires présents sur le terrain mettront à jour les données cartographiques sur une interface Web, en spécifiant par exemple, si telle route existe toujours et si telle autre a été inondée.

Améliorer la cartographie de l’Afrique

A terme, la population devrait être partie prenante de ce projet. « Au début, seulement les personnes ayant accédé à Internet pourront participer, mais après, si le projet se développe bien, les habitants pourront, grâce au réseau téléphonique, répondre à des questions par SMS pour alimenter la base des données cartographiques », précise le chercheur. L’idée de fonder ce projet est partie d’un site Web baptisé AFRICA@home dédié aux projets de calcul partagé bénévole. La première application développée s’intitulait MalariaControl.net. Elle modélisait la façon dont le paludisme se propage en Afrique et l’impact potentiel de nouveaux médicaments et vaccins antipaludiques sur la région. Africamap est pour l’heure en étude de faisabilité. Financé par Hewlett-Packard Labs, ce projet devrait voir le jour prochainement.