Africajarc demande pardon aux Africains

« J’ai le regret de vous informer que je ne serai pas à Cajarc pour défaut de visa d’entrée en France ; En fait, je n’ai même pas pu accéder au consulat, mon rendez-vous reste scotché au… 7 septembre ! (…) Je n’ai pas pu arracher un rendez-vous qui n’est qu’une étape dans la longue marche imposée aux Sénégalais qui souhaitent se rendre dans votre pays, alors que n’importe quel Français peut débarquer chez nous sans formalité ».
Ainsi s’exprime Fadel DIA, 71 ans, écrivain et ancien inspecteur général de l’Education nationale. Vous l’avez deviné : Fadel DIA est un dangereux travailleur clandestin potentiel. Donc pas de visa ! Et vive la politique de l’immigration. Comble cette situation insupportable, c’est M. Ruffin, futur académicien et actuel ambassadeur du Sénégal qui relaie cette politique sans discernement.

D’autres victimes collatérales du système ne viendront pas à Africajarc. C’est le cas de Beyrouc, un autre dangereux écrivain mauritanien ou du groupe les Go de Koteba, prévu dimanche soir. Ces deux chanteuses de Côte d’Ivoire, Awa et Maaté sont restées sur le tarmac d’Abidjan. Sans oublier quatre éducateurs de rue tchadiens et du RDC pour témoigner lors d’un débat sur le travail social en Afrique. Pour être tout à fait juste avec notre Président de la république, il n’est pas inutile de rappeler qu’il a épinglé récemment la Légion d’honneur à Christine Diop, directrice de publication de « Présence africaine », une maison d’édition qui a pignon sur rue et qui édite… Fadel Dia ou Beyrouc ! Lors de cette cérémonie Nicolas Sarkozy s’est bien évidemment félicité des belles relations entre la France et l’Afrique, avec pour trait d’union la culture.

Africajarc, au nom de tous les Françaises et Français ouverts, généreux et respectueux des différences, demande pardon à tous les Africains qui n’ont pu obtenir leur visa et les prie de bien vouloir excuser la France pour cette politique qui fait honte à son histoire et à ses valeurs.

Les organisateurs du festival