Africa Online se vend pour grandir

Le pionnier des opérateurs Internet africains et principal fournisseur d’accès sur le Continent vient d’être racheté par la holding londonienne African Lakes. L’opération devrait permettre à Africa Online d’étendre son aire d’intervention.

Africa Online change de mains pour changer demain. Deux ans après avoir investi près de trois millions de dollars US en prêts convertibles dans le groupe TelCorp (maison-mère d’Africa Online), le vieux conglomérat colonial britannique African Lakes porte sa participation à 100 % dans le premier des fournisseurs d’accès à l’Internet (ISP) de l’Afrique subsaharienne.  » L’acquisition « , selon le dossier de presse,  » offrira des ressources à Africa Online pour poursuivre son extension géographique « .

Selon John Barrington-Carver, un représentant du nouveau propriétaire joint aujourd’hui au Royaume-Uni, l’acquisition d’Africa Online est la  » pierre d’angle  » d’une réorganisation complète de la vieille dame African Lakes en un groupe entièrement dédié aux nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Petit à l’échelle planétaire, l’ISP Africa Online a été décrit comme  » l’autre AOL « *. Un AOL ayant moins de 15 000 abonnés professionnels répartis dans huit pays, mais qui a su résoudre mieux que quiconque les difficultés posées par la connexion de l’Afrique à la toile mondiale. Le Kenyan Ayisi Makatiani, 34 ans aujourd’hui, a fondé l’entreprise en 1994 avec deux amis, alors qu’il étudiait l’informatique au prestigieux MIT de Boston, aux Etats-Unis.

Une belle aventure

Africa Online, comme toute entreprise du secteur des nouvelles technologies, s’est orientée dès ses débuts vers le développement tous azimuts, en dépit des freins que constituent le manque d’infrastructures de télécommunication et des environnements réglementaires défavorables. Bon an mal an, Africa Online a grandi, notamment en absorbant ses concurrents. Le dernier en date, Net 2000, a coûté la bagatelle de 3 millions de dollars en janvier dernier.

L’ISP historique a également multiplié les services, depuis ses 670 cybercafés (les centres E-Touch) jusqu’à l’hébergement de services de commerce en ligne. Africa Online a assis progressivement ses positions sur une connaissance très fine du marché africain de l’Internet.

Depuis plusieurs années cependant, la société était menacée par le niveau de son endettement. Le marché sur lequel elle opère reste étroit en regard des investissements consentis. Pourtant, Africa Online est condamnée au développement, et l’entreprise l’a compris : la lettre spécialisée The Standard évoquait récemment le projet d’installer des connexions par fibres optiques le long des côtes Ouest et Est de l’Afrique.

Ayisi Makatiani avait vu juste avant bien d’autres. Tout ce qu’on peut souhaiter à ce visionnaire, c’est que African Lakes ait les moyens de poursuivre sa belle aventure.

* AOL, ou America On Line, leader mondial des ISP