Affrontements religieux au Nigeria

Le centre du Nigeria a été le théâtre d’affrontements entre chrétiens et musulmans qui ont fait plus de 50 morts. L’armée s’est déployée à Jos pour ramener le calme. Nomination d’un musulman au poste de coordinateur d’un programme gouvernemental contre la pauvreté.

Entre 50 et 100 morts. Le Nigeria est rentré depuis quelques mois dans un cycle de violence. La nomination d’un musulman à la tête d’un programme gouvernemental contre la pauvreté a déclenché des émeutes entre le 7 et 9 septembre dans la ville de Jos, au centre du Nigeria. Les affrontements entre musulmans et chrétiens ont fait, selon le bilan officiel, 50 morts et, selon les habitants, près d’une centaine de victimes. Les hôpitaux militaires et civils ont été envahis par plusieurs dizaines de blessés.

Le Centre du Nigeria connaît des violences sporadiques entre l’ethnie berom, chrétienne, et haoussa, musulmane. Les Berom, ethnie majoritaire, considèrent les Haoussa comme des  » colons « . L’introduction de la charia dans les Etats du Nord a favorisé la séparation entre les deux groupes.

Guerre ethnique

Les affrontements : ont éclaté dans la soirée du 7 septembre. L’armée a été appelée à la rescousse car les services de police ont été dépassés par la vague de violence. Les militaires avaient trouvé les rues de Jos jonchées de cadavres. Les habitants ne voulaient pas prendre le risque de ramasser les cadavres. La ville était en pleine guerre civile. Plusieurs manifestants étaient armés avec des fusils de guerre.

Pour les habitants, ces événements ressemblent étrangement à ceux de février 2000 au cours desquels entre 2.000 et 3.000 personnes avaient été tuées dans l’Etat de Kaduna (nord) suite à des appels des musulmans en faveur de l’introduction de la loi islamique. Le couvre-feu instauré par l’armée n’a pas été respecté par de jeunes berom surexcités mais le calme semble revenir graduellement ce lundi. Les autorités appellent la population à raison garder.