Affaire Omar Raddad : des traces d’ADN exploitables retrouvées

Des traces d’ADN « exploitables » ont été retrouvées dans de nouveaux prélèvements dans l’affaire du jardinier marocain Omar Raddad, condamné par la justice française pour le meurtre en 1991 de sa patronne Ghislaine Marchal, qu’il a toujours nié, avant d’être gracié par l’ancien président Jacques Chirac.

Nouvelle chance pour Omar Raddad de prouver son innocence ? Le parquet de Nice a indiqué ce jeudi que des traces d’ADN « exploitables » ont été mises en évidence dans de nouveaux prélèvements dans l’affaire de ce jardinier marocain condamné par la justice française pour le meurtre en 1991 de sa patronne Ghislaine Marchal, et qu’il a jusqu’à présent toujours nié.

Une nouvelle expertise a été réalisée à la demande de l’avocate d’Omar Raddad, Me Sylvie Noachovitch, s’appuyant sur une loi de 2014 visant à assouplir les conditions de révision d’un procès. Toutefois, le parquet invite à la prudence. « Ces traces n’ont pas encore été exploitées et doivent l’être dans les mois qui viennent », explique le parquet, précisant qu’il convient de « rester extrêmement prudent quant aux identités génétiques recueillies sur ces traces, qui peuvent provenir des protagonistes de l’affaire tout autant que de manipulations ultérieures aux faits ».

L’affaire Omar Raddad est encore dans tout les esprits, suscitant l’intérêt de nombreux Français. Tout débute en 1991, lorsque la richissime patronne du jardinier marocain Ghislaine Marchal est retrouvée morte dans la cave de sa villa de Mougins, dans le sud de la France. Comme dans une scène digne d’un polar, les enquêteurs découvrent sur une porte de sa demeure l’inscription en lettres de sang : « Omar m’a tuer ». Une phrase choc qui emmène la justice à soupçonner Omar Raddad d’être à l’origine du meurtre avant de le condamner. Le jardinier marocain est interpellé le 25 juin 1991 pour son présumé meurtre dans la villa de Mougins. Bien qu’il ait été gracié par Jacques Chirac, 17 ans après cette macabre découverte, l’affaire n’a toujours pas été élucidée. Les zones d’ombres subsistent.

En 2011, le réalisateur Roschdy Zem a réalisé un film, intitulé Omar m’a tuer , retraçant les grandes lignes de cette affaire mais aussi les incohérences de l’enquête menée par la justice française. Le jardinier marocain est incarné par Sami Bouajila, dont la prestation a été saluée par les professionnels du cinéma mais aussi par l’intéressé, qui avait affirmé après avoir vu le long métrage : « Sami me ressemble beaucoup. »