Accord en pointillé sur une organisation politique fédérale en Somalie

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Un accord sur les nouvelles institutions de Somalie qui remplaceront le gouvernement de transition a été trouvé samedi, à Garowe, dans le Nord du pays. Après trois jours de négociation, le président de la Somalie et les présidents des régions sécessionnistes du Puntland et du Galmudug, plus un puissant chef de milice, ont signé cet accord, sous l’égide des Nations Unies et de l’Union africaine. Les shebab, les combattants islamistes qui contrôlent une grande partie du centre et du sud du pays, ont rejeté cet accord.

Une « trahison ». C’est de cette façon que les shebab, qui contrôlent une grande partie du sud de la Somalie, ont qualifié l’accord conclut samedi 18 février sous les auspices des Nations Unies et de l’Union africaine sur la future organisation politique de la Somalie. Celui-ci prévoit l’instauration d’une organisation politique fédérale où le Puntland et le Galmudug seront considérés comme Etat.

Alors que la guerre fait rage depuis près de 20 ans, une nouvelle architecture du pays, bien que précaire, est peut être en train d’être tracée. Par ailleurs, une conférence pour mobiliser les acteurs internationaux en faveur de la Somalie se tiendra ce jeudi à Londres, en Angleterre.

De nouvelles institutions

Le gouvernement de transition sera remplacé par une chambre basse composée de 225 députés nommés par « les chefs traditionnels assistés des principaux représentants de la société civile », selon BBC Afrique. Une chambre haute sera composée de 54 anciens chefs traditionnels. Les membres de la société civile et les signataires de l’accord seront amenés à désigner les mille membres d’une assemblée nationale constituante.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a encouragé dimanche les différentes parties à appliquer cet accord « de manière complète et rapide ». Il a ajouté que l’ONU était prête à « aider au maximum pour son application ». M. Ban a aussi salué « l’esprit d’unité et l’engagement manifestés par les signataires de l’accord et se félicite en particulier de la clause qui prévoit que la commission électorale indépendante, l’assemblée constituante et le nouveau parlement fédéral comprennent un minimum de 30 pour cent de femmes », indique l’ONU dans un communiqué , selon afreeknews.com.

L’accord exclut certains protagonistes

Sous l’égide des Nations Unies et de l’Union africaine, la négociation s’est effectuée entre le président somalien Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, les présidents des régions semi-autonomes du Puntland dans le nord et du Galmudug dans le centre du pays, et le chef d’une puissante milice pro-gouvernementale, Ahnu Suna Wal Jamaa.

Mais des protagonistes importants du pays n’ont pas participé à cet accord, notamment le Somaliland situé au nord qui s’est autoproclamé indépendant. Les shebab ont déjà promis de combattre les futures institutions du pays. Pour le porte-parole du groupe islamiste, cet accord « fait partie d’un plan de la communauté internationale pour ramener la Somalie à la colonisation », rapporte RFI.

Les forces islamistes ont menacé de lancer une série d’attentats sur la capitale Mogadiscio, alors que l’explosion d’une voiture piégée contre un complexe de la police avait fait deux blessés, vendredi dernier, dans la ville.

La prudence est donc de mise sur l’avenir de ces négociations alors que depuis vingt ans, une dizaine d’accords ont déjà été signés sans mettre fin à la guerre civile.

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