Accident du CFCO : l’ébriété du conducteur en cause


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Vitesse et ébriété ont provoqué le déraillement du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), qui a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, au Congo. La gestion du CFCO également pointée du doigt.

« Le conducteur se trouvait en état d’ébriété et l’accident est dû à la vitesse excessive, d’après l’enquête préliminaire », a déclaré jeudi le ministre congolais des Transports, Isidore Mvouba. Le non respect des limitations de vitesse était jusque lors la seule explication avancée par le gouvernement congolais. Le directeur général du CFCO, Joseph Sauveur El Bez avait quant à lui évoqué au lendemain de la catastrophe un « problème comportemental » du conducteur, sans pour autant en préciser la nature. La thèse de la défaillance technique a été quant à elle écartée. « Sur les lieux de l’accident, les voies sont en bon état et la locomotive marchait correctement », a indiqué Isidore Mvouba.

Le déraillement du train circulant sur l’axe principal qui relie Brazzaville à Pointe-Noire, les capitales politique et économique du Congo, survenu le 21 juin à Yanga, à 60 km de Pointe-Noire, a secoué le pays. Le bilan provisoire fait état d’au moins 76 morts et entre 400 à 700 blessés. Plus de 160 personnes sont encore hospitalisées à Pointe-Noire. Un deuil national de trois jours a été décrété à partir de samedi. Les obsèques nationales auront lieu lundi à Pointe-Noire.

Mise en cause de l’Etat

Trois jours après l’accident, le trafic a repris suscitant les critiques de la population. « Le premier train est parti à destination de Brazzaville, il y avait quelques passagers et beaucoup de marchandises », a déclaré Frédéric Filackembo, directeur des voies ferroviaires du Congo. Le père d’une passagère, interrogé par l’AFP, remet en cause la mauvaise gestion du CFCO. « C’est la énième fois que nous avons ce genre d’accident, et chaque fois, on impute la responsabilité au conducteur », explique-t-il. Selon lui et bon nombre de Congolais, les rails seraient en mauvais état et le CFCO n’investirait pas là où il faudrait.

L’opposition congolaise regroupée au sein de l’Alliance pour la république et la démocratie (ARD) accuse également le gouvernement. « Notre voie ferrée date de 1936. Les différentes guerres que le Congo a connues ont considérablement contribué à sa détérioration, suite au déchaussement des rails par les bandits armés. Le gouvernement ne conçoit aucun programme de réhabilitation de la voie ferrée. La responsabilité du gouvernement est très grande dans ce drame, même si l’excès de vitesse en serait, dit-on, la cause principale », a déclaré mercredi Mathias Dzon, le président de l’ARD dans Les Dépêches de Brazaville.

Ce déraillement est considéré comme la plus grande catastrophe ferroviaire du pays. En septembre 1991, une collision à Mvoungouti, entre un train de marchandises et de passagers, avait déjà coûté la vie à une centaine de personnes.

Leila Kaddour-Boudadi
LIRE LA BIO
Leïla Kaddour-Boudadi est une journaliste et présentatrice TV française, née le 25 juin 1980 à Aubergenville dans les Yvelines. Fille d'un père ouvrier et d'une mère au foyer, tous deux enfants de harkis installés en France en 1962 au moment de l'indépendance de l'Algérie, elle grandit en Charente avant de poursuivre des études de lettres classiques. Devenue professeure de lettres, sa carrière prend un tournant lorsqu'elle quitte l'enseignement pour entrer à l'École publique de journalisme de Tours. C'est au sein de la rédaction d'Afrik.com qu'elle démarre sa carrière de journaliste, avant d'être recrutée par la chaîne de télévision publique France 3. En septembre 2017, elle devient titulaire à la présentation du journal de 13 heures le week-end. Parcours atypique d'une femme aux multiples talents, Leïla Kaddour-Boudadi incarne une nouvelle génération de journalistes alliant rigueur intellectuelle, curiosité culturelle et authenticité.
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