Absences et critiques au 14e sommet de la Francophonie

Kinshasa inaugure ce samedi le 14e sommet de la Francophonie. Une quinzaine de dirigeants, dont le président français, ont fait le déplacement.

L’entrée du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, s’est faite sous un tonnerre d’applaudissement au 14e sommet de la Francophonie. Il a prononcé un discours inaugural, suivi par le président français, François Hollande, et le Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. Les présidents africains qui ont fait le déplacement sont les principaux participants à ce nouveau rassemblement.

Arrivé ce matin en provenance de Dakar, François Hollande a débuté la journée en s’entretenant avec Joseph Kabila, à la tête de la RDC depuis 2001, date à laquelle son père, l’ancien président Laurent Désiré, a été assassiné. La réélection de Kabila en 2011 a largement été contestée, notamment par son principal rival Etienne Tsishekedi qui l’accuse d’avoir truqué le scrutin. L’opposant Tsishekedi, 79 ans, se présente depuis la fin du second tour de la présidentielle comme le président élu de la RDC. Lui aussi doit rencontrer le président français.

Peu avant son arrivée, François hollande déclarait, mardi, à propos de la situation en RDC qu’elle était « tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l’opposition ». Ce à quoi Kabila avait répondu : « ce jugement ne correspond à aucune réalité ».

Un sommet sous tension

Cette année, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a pour thème : « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la bonne gouvernance ». Et au programme des débats à huit clos de ce samedi : « le conflit qui oppose l’armée congolaise à des rebelles dans l’Est de la RDC et l’occupation du Nord du Mali par des groupes islamistes armés », rapporte l’AFP.

Certains n’ont pas voulu faire le déplacement. C’est le cas du Premier ministre belge, Elio Di Rupo, qui a préféré envoyer le chef de la diplomatie belge. Le président rwandais, Paul Kagamé, en froid avec Joseph Kabila, a également décliné l’invitation malgré la persistance d’Abdou Diouf. Il est représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Celle-ci à déclaré ce samedi matin sur les ondes de RFI que « le Rwanda n’a jamais refusé de jouer un rôle pour que la paix revienne à l’Est de la RDC. Ce que le Rwanda refuse, c’est qu’on essaie de simplifier un conflit intra congolais, qu’on essaie de l’étendre à la région et surtout d’impliquer le Rwanda négativement. Ca, on ne va jamais l’accepter. Nous avons autant besoin de paix que le Congo », a-t-elle insisté. Le Premier ministre québecois, Pauline Marois, a quant à elle fait le déplacement pour « soutenir la Francophonie », dit-elle, mais refuse de s’entretenir avec Joseph Kabila afin de dénoncer « les malversations qui se sont passées autour de l’élection de 2011 ».

Ce nouveau sommet a été l’occasion pour des opposants au régime d’organiser, avant que la police ne les disperse, un regroupement ce samedi matin à Kinshasa, la capitale, et à Lubumbashi, la deuxième ville du pays.