Abidjan court derrière les prix

La flambée des prix des produits de grande consommation, récemment enregistrée en Côte d’Ivoire, inquiète les autorités. Le ministère du Commerce souhaiterait enrayer le phénomène inflationniste mais il ne dispose d’aucun moyen d’action efficace.

 » Il appartient aux consommateurs d’être les véritables arbitres « . Le constat d’impuissance du ministre du Commerce ivoirien, Eric Kahé, interrogé par le quotidien Fraternité Matin, est patent. Face à l’inflation des produits de grande consommation dans le pays, aux consommateurs d’être vigilants.

Les ménagères ivoiriennes ont eu la désagréable surprise de constater, depuis la semaine dernière, une brusque flambée des prix de l’huile, du sucre, du lait, du savon ou encore de la viande sur les étals nationaux. Une augmentation générale de l’ordre de 10 à 50 FCFA qui inquiète les autorités publiques. Cette flambée menace l’ordre social dans le pays.

Inflation anarchique

L’affichage des prix n’est pas une pratique courante en Côte d’Ivoire. En l’absence d’étiquetage, chaque commerçant est libre de fixer ses propres tarifs à la tête du client. Tarifs susceptibles d’être revus à la baisse en fonction des qualités de marchandage des acheteurs. L’harmonisation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans la zone de l’Union économique et monétaire de l’ouest africain, serait à l’origine du mouvement inflationniste. Chacun en aurait profité pour gonfler ses prix.

Le ministère du Commerce a réuni, cette semaine, quelques grands opérateurs économiques – industriels grossistes et détaillants – pour tenter de calmer la situation. Une lettre d’intention a été signée par tous les présents qui s’engagent à opérer une baisse de 20% de leurs prix. Pour l’heure, les décisions restent sans effet dans la rue.

Aucun moyen d’action

Même si un numéro vert, ligne de téléphone gratuite, va tout prochainement être mis à disposition des consommateurs pour dénoncer les commerçants qui ne jouent pas le jeu, aucune sanction ne peut être prise par les pouvoirs publics. Eric Kahé compte sur les consommateurs pour niveler les prix en établissant un boycott indirect des produits les plus chers.

Le ministre déplore également le fait que les Ivoiriens préfèrent s’approvisionner dans le secteur informel plutôt que dans des structures organisées où la politique de prix est claire et transparente. Il pose en cela tout le problème de la microéconomie, système relativement autonome sur lequel repose une grande partie de l’activité économique dans le pays.