A Yamoussoukro, les maquis décollent

Les maquis de Yamoussoukro se réjouissent du décret du 18 mars dernier, prorogeant le couvre feu de 00h à 6 heures du matin. Le bond de leur chiffre d’affaires, qui passe du simple au double, témoigne du regain d’activité du secteur.

A Yamoussoukro, les propriétaires des maquis (restaurants) affichent un sourire réjoui, témoin de la reprise de leurs affaires. Après six longs mois de régression dus à un climat de guerre et un couvre-feu restreignant les activités nocturnes, les professionnels du secteur voient leur chiffre d’affaires décoller grâce à la prorogation du couvre-feu, qui passe de 22h à minuit.

Yamoussoukro la belle, Yamoussoukro la festive retrouve de sa gaieté nocturne.  » Ce n’est pas encore ça, mais les choses reprennent progressivement.  » M. N’dré, habitué des nuits de la capitale, savoure ses premiers instants passés dans les maquis, hauts lieux d’animation. Si les noctambules de Yamoussoukro semblent apprécier à sa juste valeur la prorogation du couvre- feu, les propriétaires de restaurants, eux, se réjouissent des bénéfices qu’ils commencent à réaliser. Dans la ville, depuis bientôt deux semaines, l’animation renaît.

Ville d’accueil, la capitale ivoirienne connaît un véritable boom démographique. Un surplus de population, résultat d’une part du flot humain en provenance des zones occupées, et, d’autre part, d’une forte présence de soldats (armée française, soldats de la Cedeao, Forces de l’ordre ivoiriennes).  » Cet afflux de population constitue une clientèle « , soutient M. Drogbo, gérant du restaurant Les Alizés. A la clientèle traditionnelle se sont ajoutés 20 à 30 000 clients potentiels. Dans le climat de crise qui couve dans tout le pays, les maquis restent la principale distraction, des points de ralliement qui font le bonheur des  » rois de la nuit  » à Yamoussoukro. Il est à noter que ce regain d’activité n’est pas ressenti dans les grands restaurants et les hôtels de haut standing où la clientèle se fait encore rare

Nouveaux maquis

Le monde de la nuit à Yamoussoukro se réorganise. Comme le soutient M. Djibril du restaurant Soukala,  » les difficultés sont derrière « , et le chiffre d’affaires,  » même s’il n’est pas encore au niveau d’avant la guerre, connaît une progression « . Les restaurants de taille moyenne tirent profit de la prorogation du couvre-feu. Les bénéfices réalisés passent du simple au double. Ainsi le maquis Les Alizés de M.Drogba, qui faisait une recette journalière de 15 000 F CFA avant le nouveau décret, est passé à 30 000 F CFA. Le secteur se porte si bien que dans la ville on assiste à la création de nouveaux maquis. Le  » Linas Marcoussis « , qui vient d’ouvrir ses portes, se félicite déjà des recettes réalisées.

Les maquis profitent aussi de la situation de crise. Avec la rareté des denrées alimentaires, le prix des repas dans les restaurants flambent. Les clients qui n’ont pas le choix s’en contentent. Le seul bémol reste au niveau du respect du couvre-feu. Les tenanciers de maquis ont encore bien du mal à fermer à l’heure.  » Comment fermer quand tu vois du monde arriver ?  » M.Drogba, comme bien d’autres, aimerait bien poursuivre ses activités jusqu’au petit matin…