A quatre épingles

Clarisse Hieraix est l’un des 48 stylistes professionnels invités au Festival international de la mode africaine 2003. A 30 ans, la jeune Guadeloupéenne est déjà une des grandes de la couture à l’international, possédant une douzaine de boutique à travers le monde. Rencontre.

De notre envoyé spécial au Niger

Le Christian Dior au féminin… de demain ! C’est du moins l’ambition tranquille affichée par Clarisse Hieraix. Formée à l’école française, la jeune Guadeloupéenne a aujourd’hui une stature internationale. Dans le métier depuis plus de dix ans, elle reste inspirée par la femme du 19è siècle. Une femme revisitée, sophistiquée, élégante et résolument contemporaine.

Afrik : Quel est votre parcours ?

Clarisse Hieraix :
Je suis d’abord passée par la chambre syndicale de la haute couture en France, puis j’ai travaillé en haute couture avant de faire plusieurs défilés. J’ai ensuite commencé à vendre mes vêtements au public, à une clientèle plutôt privée. Je vends maintenant dans le monde entier avec une douzaine de boutiques, aux Etats-Unis, au Japon, en Suisse, aux Emirats…

Afrik : Vous êtes une styliste afro ?

Clarisse Hieraix :
Je suis une styliste tout court. J’habille très bien toute sorte de femmes. Ce n’est pas parce qu’on est afro-caribéenne qu’on fait forcément de la mode afro. Le Fima regroupe des créateurs de tout le continent.

Afrik : Quelle image avez-vous de la mode africaine ?

Clarisse Hieraix :
La mode africaine est extrêmement belle. Il y a beaucoup de recherche au niveau des matières, d’ailleurs toujours des matières naturelles.

Afrik : Pourquoi les professionnels de la mode n’invitent-ils pas de créateurs africains dans les grands défilés internationaux ?

Clarisse Hieraix :
Je me suis également posé la question. Je ne sais pas. C’est peut être à cause des matières et des mélanges avec trop d’imprimés. C’est du moins la petite critique que je peux faire à la mode africaine.

Afrik : Au-delà du talent, quels sont les ingrédients de la réussite ?

Clarisse Hieraix :
Il faut des financiers (rires). En fait ça dépend, c’est à l’échelle de ce que l’on veut faire. Si on veut faire sa petite boutique et ses modèles, on peut très bien fonctionner comme ça et durer pendant 10, 20 ans et même plus. Maintenant, si on a envie de devenir le Dior de demain, il faut des financiers. Et du talent évidemment.

Afrik : Quel est le couturier que vous admirez ?

Clarisse Hieraix :
(sans hésiter) Claude Montana !

Afrik : Comment définiriez-vous votre style ?

Clarisse Hieraix :
Je m’inspire des femmes du 19ème siècle. Je trouve qu’elles sont sculpturales et très très belles. Les vêtements qu’elles portaient à l’époque étaient prêts du corps sans être indécents ou moulants. Je trouve que la femme du 19ème est classe, chic, très apprêtée. Les femmes de maintenant sont plus négligées.

Afrik : Le style 19ème est très étriqué, avec les corsets et les différentes couches de vêtements. Est ce que vos créations sont des vêtements à vivre ?

Clarisse Hieraix :
Oui, je m’inspire de la mode de ce siècle mais je la remets au goût du jour. Je travaille essentiellement avec de la soie.