À Mombasa, les religions veulent peser dans la protection des océans


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À Mombasa, les religions s’unissent pour défendre l’océan
À Mombasa, des responsables religieux et acteurs de la société civile se rassemblent sur le littoral à la veille de la Conférence Our Ocean, symbole d’une mobilisation interconfessionnelle en faveur de la protection des océans.

À la veille de la Conférence Our Ocean, organisée pour la première fois sur le continent africain, des responsables religieux et acteurs de la société civile ont lancé à Mombasa une coalition mondiale pour la protection de l’océan et de la biodiversité. Une initiative qui entend transformer l’autorité morale des communautés de foi en engagements concrets.

À Mombasa, la défense des océans investit aussi le terrain spirituel. Réunis le 15 juin au Mombasa Continental Resort, plus de cinquante responsables religieux, autorités spirituelles et acteurs de la société civile ont participé à l’Ocean Interfaith Forum, organisé à la veille de la 11e Conférence Our Ocean.

Ce rendez-vous a été marqué par le lancement officiel de la Coalition de la Haute Ambition des Religions pour l’Océan et la Nature. Portée par Faiths for Oceans, cette alliance mondiale veut mobiliser les communautés de foi autour d’engagements mesurables, publics et vérifiables en faveur de la mer, du climat et de la biodiversité.

L’initiative intervient dans un contexte symbolique fort. Pour la première fois, la Conférence Our Ocean se tient sur le continent africain, sous le thème « Notre Océan, Notre Héritage, Notre Avenir ». Bordée par des milliers de kilomètres de côtes, l’Afrique figure aussi parmi les régions les plus exposées à la pêche illégale, à la pollution marine, à l’érosion côtière et aux effets du dérèglement climatique.

Transformer la conviction morale en action

La coalition part d’un constat : les traditions religieuses disposent d’un pouvoir de mobilisation que les institutions publiques ou les ONG ne peuvent pas toujours atteindre. Dans de nombreuses zones côtières, les lieux de culte, les prédicateurs, les autorités spirituelles et les réseaux communautaires restent des relais essentiels pour faire évoluer les comportements.

Comme le rappelait la tribune publiée en marge de l’événement, la crise de l’océan est autant morale qu’écologique. Sur la côte swahilie, dans certaines traditions ouest-africaines ou au sein de communautés religieuses d’autres continents, la mer n’est pas perçue comme un simple réservoir de ressources, mais comme un héritage, un espace de vie et de responsabilité.

Concrètement, chaque signataire de la coalition est appelé à enregistrer au moins une action datée, publique et vérifiable, puis à rendre compte chaque année des progrès réalisés. Les priorités annoncées couvrent notamment la pêche durable, la protection marine, l’objectif international de protéger 30 % des espaces naturels d’ici 2030 (cadre de Kunming-Montréal), la lutte contre l’exploitation minière en eaux profondes, la réduction de la pollution, l’éducation et le plaidoyer religieux.

Une coalition interreligieuse et internationale

La coalition réunit déjà des organisations issues de traditions et de régions différentes, parmi lesquelles la Communion anglicane, Bahu Trust, CYNESA, Danmission, FutureFaith, GreenFaith Africa, la Conférence des Églises du Pacifique, Tikkun HaYam et United Madrassi Association.

Son ambition est d’ouvrir un front encore peu investi dans la gouvernance océanique : celui des consciences. Aux côtés des gouvernements, des scientifiques, des entreprises et des jeunes, les communautés religieuses entendent désormais peser dans les débats mondiaux sur la mer.

À Mombasa, le propos dépasse la seule réglementation ou diplomatie environnementale car protéger l’océan engage aussi une responsabilité envers les générations futures.

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