A l’école, pourquoi les héros ne sont jamais noirs ?

Les Noirs sont discriminés dans tous les recoins du monde ou les blancs sont majoritaires. Enseignant, votre classe serait-elle un territoire neutre ?

Pour peu que vous vous préoccupiez de traiter tout le monde de la même manière, les noirs continuent d’être discriminés. Vous voulez savoir comment ? Pensez aux livres lus dans les classes. Montrent-ils des familles noires issues de la classe moyenne, heureux et ayant bien réussi dans la vie? Présentent-ils des princes, des rois et des reines qui ne sont pas blancs? Ne pensez-vous pas que c’est un problème ? Imaginez vous donc ce que cela signifie d’être stimulé au plaisir de la lecture sans voir sa race représentée de manière positive dans les pages des livres.

« Les légendes, les contes de la carochinha et les mythologies aident les enfants à construire leur identité. Dans un processus de transfert, les petits se mettent à la place des héros et vivent les sensations des personnages », explique Taicy de Ávila Figueiredo, pédagogue et professeur d’Éducation Infantile à Brasília. Le sentiment d’infériorité et le rejet de soi sont les conséquences les plus communes dans l’estime de soi de celui qui ne se reconnait pas dans les histoires racontées à l’école. « Ils aiment tous être acceptés par leur groupe, par la société. Beaucoup d’élèves commencent à s’identifier comme des blancs », explique Ana Célia Silva, professeur de la Faculté d’Éducation de l’Université Fédérale de Bahia (UFBA).

Vous devez vous demander comment fuir cette question, puisque les histoires consacrées du monde imaginaire sont européennes. La suggestion est d’entrer dans l’univers des légendes et de l’histoire de l’Afrique, de l’Orient, des indes… Voyez de quelle manière la professeure Maria Cecília Pinto Silva, de l’École Municipale d’Éducation Fondamentale Générale Esperidião Rosas, à São Paulo, à réussi à planter une graine contre le racisme dans le cadre d’une activité interdisciplinaire pour les classes Série 4 (CM2). Le projet a remporté le prix Éduquer pour l’Égalité Raciale, du Centre d’Études des Relations de Travail et des Inégalités (Ceert).

Expérience Pratique

Diagnostic/Objectifs — Après avoir exemplifié diverses attitudes racistes, l’enseignante a élaboré un projet pour susciter le respect des différences. Elle a demandé à la classe de dessiner les héros préférés, en anticipant déjà le résultat. La majorité cita des personnages blancs. Elle exploita les données et montra aux élèves, dans le cadre du cours de mathématiques comment élaborer des graphiques. Le résultat fut le suivant : 94% de personnages blancs, 4% d’orientaux et 2% de noirs.

Problématique — Maria Cecília présenta le héros Kirikou, du film Kirikou et la Sorcière. Le dessin animé se déroule en Afrique et tous les personnages sont noirs. La classe regarda le film, réécrivit l’histoire et le synopsis et en fit la critique.

Par la suite, l’enseignante demanda un exercice de comparaison avec les contes imaginaires et l’étude des caractéristiques de ce genre littéraire. Pour commencer, elle posa une question: pourquoi ne trouve-t-on pas de personnages noirs dans d’autres histoires? Les élèves réussirent à se rappeler de quelques uns comme Negrinho do Pastoreio, Zumbi et Tia Nastácia. Quelle est la différence entre eux et Kirikou? « Il est un héros, madame », répondirent-ils. Bingo! L’activité suivante fut la lecture de livres dont les personnages principaux sont noirs, comme Luana, de Aroldo Macedo. Ensuite, les élèves ont rechercher des reportages sur le racisme dans les journaux et les revues, tandis que Maria Cecília montrait des photos et des histoires de grandes icônes brésiliennes noirs, comme le professeur Milton Santos.

Prolongements — En sciences, plusieurs versions de la création du monde furent étudiés et l’enseignante présenta des légendes africaines et indigènes. A ce moment, un élève musulman , un élève musulman partagea son exprience et enrichit la discussion sur la pluralité culturelle.

Tolérance religieuse complète

« Je ne veux pas dessiner, ni entendre parler des orixás », avaient réclamé certains évangéliques durant le cours de Sciences de Maria Cecília. Le préjugé religieux est un autre défi auquel il faut faire face à l’école. Certains enfants ne voulaient pas participer à cette étape du projet. Pendant ce difficile projet, l’élève Kaled Abidu El Carim Abou Nassif, libanais et musulman a demandé du temps pour raconter la version de la création du monde de la religion de Mahomet.Comme la culture islamique est en évidence, les camarades avaient plein de question. Après deux orixás, anjos et Alá, les élèves ont fait la connaissance de l’histoire de Tupã et ont abordé les légendes indigènes. « Vous voyez? Nous ne sommes pas et nous n’avons pas besoin d’être tous pareils », indique l’enseignante, en expliquant que connaitre est très différent de convaincre.