Côte d’Ivoire : Ouattara restitue à des pro-Gbagbo leur maison

Cinq personnalités proches de l’ex-Président Laurent Gbagbo se sont vues restituer officiellement leur maison, ce mardi, par le gouvernement de Côte d’Ivoire.

Ils sont cinq pro-Gbagbo à avoir retrouvé leur maison, ce mardi. Elles étaient, depuis la crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011, occupées par des partisans du Président Ouattara. Le gouvernement leur a remis les clés, de façon officielle, de résidences totalement pillées. La cérémonie officielle de restitution s’est déroulée dans la résidence de l’ex-directeur général du Port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio, en présence du ministre auprès du président de la République chargé de la Défense, Paul Koffi Koffi.

Un geste qui va dans le sens de la réconciliation

« Je voudrais (…) vous remercier pour avoir favorisé la libération de nos maisons. Je voudrais vous dire que cela a été des moments difficiles pour nous. (…) Aujourd’hui, tout rentre dans l’ordre grâce à vous et je voudrais vous en remercier », a déclaré de façon solennelle Marcel Gossio au ministre présent sur place, rapporte Koaci.com.

Cette restitution fait suite à la libération de 50 prisonniers pro-Gbagbo en fin de semaine dernière. Le gouvernement multiplie les gestes en direction du Front populaire ivoirien (FPI). Il souhaite que ce principal parti d’opposition appelle à la fin du boycott de la campagne de recensement de la population lancée par les autorités il y a plus de deux mois. « Je souhaite que cela contribue à la réconciliation dans notre pays autour de la paix entre les fils de la Côte d’Ivoire », a affirmé l’ex-directeur général du Port autonome d’Abidjan.

Des maisons totalement pillées

« Je suis content de recevoir les clés, même si la maison a été complètement pillée », a encore déclaré Marcel Gossio dont la grande villa était occupée par des militaires. Il apparaît difficile pour lui d’obtenir des compensations financières pour les dégâts occasionnés. « Croyez-vous à une indemnisation, actuellement, ici, en Côte d’Ivoire ? », demande-t-il. Moi, j’ai retrouvé mes murs, je suis content. Le reste, on verra après ». « Je ne m’occupe pas du volet de la réparation. Mon rôle est de pouvoir les libérer », a affirmé Paul Koffi Koffi. 

Sur les 644 sites qui ont été déclarés occupés de façon illégale à travers le pays, 249 ont été libérés tandis que 157 sont en cours de libération. « Il reste encore 238 sites soit 37% (des résidences déclarées occupées) », a ajouté le ministre.

Le coordonnateur du comité de libération des sites publics et privés, Colonel-major Ehoussou Aka, a expliqué la lenteur du processus : « les militaires, c’est facile, parce que, moi, je suis militaire. Tous ceux qui sont en dessous de moi doivent m’obéir ». Mais pour les civils, « chacun va à son rythme, c’est un peu plus difficile, ils n’essayent pas d’aller avec le couteau entre les dents. C’est une action de persuasion que nous menons », a poursuivi le colonel, selon RFI.