Nigeria : le gouvernement prêt à discuter avec Boko Haram

Le gouvernement du Nigeria s’est déclaré, ce mardi, prêt à discuter avec la secte islamiste Boko Haram au sujet de l’enlèvement des plus de 200 lycéennes à la mi-avril. L’échange de filles contre des prisonniers retenus par les autorités nigérianes, évoqué par le chef de ce groupe, est à nouveau à l’ordre du jour.

Le dialogue est ouvert avec la secte islamiste Boko Haram. Tel est le message lancé, ce mardi, par le gouvernement nigérian. Le ministre de l’Intérieur nigérian, Abba Moro, avait pourtant déclaré, ce lundi, n’être pas prêt à négocier avec ce groupe terroriste. Le chef de la secte avait indiqué vouloir échanger certaines des filles enlevées dans un lycée au nord du Nigeria à la mi-avril dernier contre des prisonniers retenus par les autorités nigérianes.

« Il doit alors envoyer un émissaire pour entamer les négociations »

« Nous sommes prêts à discuter de tous les problèmes, et les lycéennes enlevées à Chibok en font partie », a fait savoir le ministre des Affaires spéciales, Taminu Turaki, selon l’AFP. Il connait particulièrement cette secte pour avoir travaillé l’année passée à un programme d’amnistie de certains de ses membres. « Si Abubakar Shekau (chef de Boko Haram) est sincère, il doit alors envoyer un émissaire pour entamer les négociations », poursuit-il. La main est tendue en direction de ce groupe.

Alors que l’état d’urgence a été prolongé, ce mardi, dans le pays, le commandant des forces armées américaines en Afrique (AFRICOM), le général David Rodriguez, était à Abuja, la capitale nigériane. Il a pour objectif d’échanger avec les autorités nationales au sujet de l’enlèvement des plus de 200 lycéennes à Chibok, dans l’Etat de Borno au nord-ouest du Nigeria, le 14 avril dernier.

La déclaration du ministre des Affaires spéciales contraste avec celle du ministre de l’Intérieur, ce lundi, et constitue un changement de politique de la part du gouvernement. « Ce n’est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions et il n’est pas question d’échanger une personne contre une autre », avait déclaré Abba Moro.